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Mariage homo : le projet de loi bientôt officiellement présenté

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Le projet de loi sur le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels, présenté officiellement le 7 novembre, suscite l'opposition de la droite et des Églises.

Première réforme sociétale du quinquennat, le projet de loi sur le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels, présenté officiellement le 7 novembre, suscite l'opposition de la droite et des Églises, mais ne va pas assez loin pour les associations militantes.

Le contenu du texte, défendu par la garde des Sceaux Christiane Taubira, est déjà connu. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé qu'il reprendrait l'engagement de François Hollande d'ouvrir le mariage et l'adoption à tous, au nom de l'égalité des droits avec les hétérosexuels.

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Concrètement, la loi va notamment permettre aux époux de même sexe d'adopter l'enfant de leur conjoint.

Stéphanie, 41 ans, et Charlotte, 36 ans, installées depuis huit ans à Ozan (Ain), veulent ainsi se marier pour permettre à Stéphanie d'adopter "leur" fille Lilou, cinq ans, née d'une insémination artificielle en Belgique.

"Il y a dix ans, je n'en avais rien à cirer du mariage", déclare-t-elle, attendant le vote avec inquiétude.

"On va créer un deuxième mariage"

Les principales associations homosexuelles critiquent pourtant une loi "a minima", qui "ne résoudra pas le problème de nombreuses familles", en n'abordant pas des questions comme la procréation médicalement assistée (PMA), l'adoption conjointe pour couples non mariés, ou encore le droit des tiers.

Sur ces sujets, le Premier ministre a renvoyé "à une loi complémentaire qui pourrait être une loi sur la famille".

"On va créer un deuxième mariage, un mariage homosexuel qui sera en fait un sous-mariage car on n'aura pas les mêmes droits que les hétérosexuels", déplore Stéphanie Mouret, 37 ans, mère d'un bébé qu'elle élève avec sa compagne à Paris.

Cette dernière "est présente depuis la conception de notre fille, on espérait qu'elle allait pouvoir simplement devenir sa mère en la reconnaissant, sans passer par l'adoption, qui est un acte juridique lourd et long", poursuit-elle. "Nous mettions beaucoup d'espoir dans cette loi, on est très déçues".

"Risques de dérapages"

Le texte pourrait toutefois évoluer lors son examen au Parlement, qui a été décalé de mi-décembre à janvier pour laisser plus de temps au débat.

Bruno Le Roux, chef de file des députés PS, souhaite notamment voir déposé un amendement sur la PMA au moment de l'examen à l'Assemblée.

"Je fais confiance à l'intelligence législative, vous verrez qu'au final nous aurons une belle loi sociétale, qui pourra résoudre le maximum de situations" familiales, a dit la ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, qui comme la ministre de la Santé Marisol Touraine, souhaite que la PMA soit accessible à tous.

Mais en l'état, et comme le Pacs en 1998, le texte suscite la polémique.

Les Églises ont toutes exprimé leur opposition au projet, qualifié de "profonde erreur" par le cardinal André Vingt-Trois, président de la conférence des évêques de France, ou de "régression" par les protestants évangéliques de France. Il va changer "le modèle naturel de la famille", a aussi mis en garde le président du Consistoire central israélite de France, Joël Mergui.

L'effervescence religieuse avait atteint un sommet en septembre lorsque le cardinal Philippe Barbarin, évêque de Lyon, avait déclaré que le mariage homosexuel ouvrirait la voie à la polygamie et à l'inceste.

Opposition

Sur la scène politique, les détracteurs du projet donnent de la voix. Plus de cent parlementaires d'opposition, l'Entente parlementaire pour la Famille, ont écrit à François Hollande pour demander l'"ajournement" du projet. Ils vont demander une commission spéciale à l'Assemblée pour examiner le texte.

François Fillon, candidat à la présidence de l'UMP, a aussi demandé au chef de l'Etat d'y renoncer, en annonçant que s'il était voté, l'opposition le remettrait en cause en cas d'alternance.

Le député-maire de Meaux, Jean-François Copé, également candidat à la présidence de l'UMP, a, lui, réclamé des "états généraux de la famille", afin d'"éviter les risques de dérapages sur un sujet qui génère beaucoup de débats, d'oppositions et de tensions". Il a affirmé qu'il ne célébrerait pas lui-même de mariage homosexuel.

>> Ces maires hostiles au mariage homo

Une fronde de maires hostiles s'est aussi organisée, avec le lancement d'une consultation de grande ampleur et d'une pétition demandant l'autorisation d'un "droit de retrait" pour les élus qui ne souhaitent pas célébrer les mariages homosexuels.

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Des manifestations ont rassemblé fin octobre dans 75 villes de France des opposants au projet de loi à l'appel de l'association Alliance Vita, qui milite notamment contre l'avortement.

Selon un sondage BVA publié samedi par Le Parisien/Aujourd'hui en France, l'adhésion des Français faiblit, tant pour le mariage, soutenu par 58% des sondés (contre 63% en 2011) que pour l'adoption (50% contre 56% l'an dernier).

T.B. avec AFP