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Mariage gay: dernière ligne droite à l'Assemblée avant adoption

L'hémicycle de l'Assemblée nationale.

L'hémicycle de l'Assemblée nationale. - -

Dernière ligne droite pour le mariage gay. Les députés examinent à partir de ce mercredi le texte de loi avant son adoption définitive. Même les députés UMP ne se font plus d'illusions sur l'issue des débats, qui ont été réduits à leur strict minimum.

Le projet de loi sur le mariage gay entre mercredi dans la dernière ligne droite avec son examen en seconde lecture à l'Assemblée nationale, sur fond de nouvelles manifestations des opposants au texte.
Jean-Marc Ayrault a appelé au calme mercredi matin, après qu'une manifestation à Versailles ayant réuni près de 2 700 opposants au mariage selon la police a été émaillée de légers incidents la veille au soir, notamment le jet d'une torche incendiaire en direction des forces de l'ordre. Les manifestations « ont le droit d'exister, nous sommes en République », a dit le Premier ministre sur France Inter, « mais les appels à la violence, les appels à la haine doivent être condamné». Le chef du gouvernement était interrogé sur les propos de Jean-Pierre Raffarin, l'ex-Premier ministre UMP, évoquant « une menace de chienlit » dans le pays. Il a conseillé aux responsables de droite d'appeler au calme car « c'est l'intérêt du pays ».

« La messe est dite »

Si les anti-mariage homosexuel ne désarment pas dans la rue, le scénario semble écrit d'avance à l'Assemblée où l'examen du texte en séance devait démarrer en fin d'après-midi: la majorité va tout faire pour que la réforme qu'elle votera mardi prochain soit conforme à la version adoptée vendredi dernier par le Sénat. Le projet de loi qui continue à diviser une partie de l'opinion publique sera alors définitivement adopté.
Même la demi-douzaine de députés UMP qui se battent pied à pied contre le texte semblent résignés: « sur le plan strictement parlementaire, la messe est dite », déclarait mardi dans les couloirs de l'Assemblée Philippe Gosselin, l'un des principaux orateurs de l'UMP. « On aura beau se démener comme de beaux diables, la majorité a consigne de ne rien laisser passer », a-t-il ajouté. Le projet de loi a déjà été examiné lundi en commission des lois et adopté après quelques petites heures de débat, par 27 voix contre 6, dans une ambiance des plus feutrées qui contrastait avec les débats de la première lecture.

25 heures de débat, pas plus

Pour le retour du texte dans l'hémicycle, les choses sont bien cadrées. Le gouvernement, pour couper court à toute tentative d'obstruction de l'opposition, a décidé d'appliquer « le temps programmé » autorisé par le règlement depuis la précédente législature. En clair, cela signifiera 25 heures de débat, comprenant les déclarations générales et le temps imparti à chaque groupe. Pour l'opposition, UMP et UDI, ce sera environ 13 heures - dont 11 heures environ pour la seule UMP, qui en revendiquait 50.

Philippe Gril avec AFP