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Salon de l'agriculture: la nocturne supprimée à cause de l'alcool

Le Salon de l'Agriculture fermera cette année ses portes au plus tard à 20 heures.

Le Salon de l'Agriculture fermera cette année ses portes au plus tard à 20 heures. - Jean-Pierre Muller - AFP

Le président de l'organisme qui gère le Salon de l'agriculture a préféré supprimer cette année la soirée nocturne, à cause de débordements les années passées. Certains exposants regrettent un manque à gagner.

La traditionnelle nocturne du Salon de l'agriculture, cette soirée étendue pendant laquelle les visiteurs pouvaient boire et manger en déambulant entre les stands jusqu'à 23h tapantes, n'aura pas lieu cette année. Elle est remplacée par deux semi-nocturnes: mercredi et jeudi prochains, où le salon fermera à 20h au lieu de 19h.

Raison principale invoquée? Les débordements liés à l'alcool. Jean-Luc Poulain, président du Ceneca, l'organisme propriétaire du Salon, est à l'origine de cette décision. Joint par BFMTV.com, il s'en explique.

"Des visiteurs un peu trop avinés"

"L'an dernier, le soir de la nocturne, la moitié des commerçants ont préféré fermer leur stand et partir, à cause des risques de débordements liés à l'alcool. Par exemple, en Picardie, ma région d'origine, tous les stands avaient fermé boutique. Il n'y a pas de grande délinquance au Salon de l'agriculture, entendons-nous bien, mais simplement quelques visiteurs trop joyeux et avinés qui ennuient les vendeuses sur les stands, voire embêtent les animaux. La soirée était difficile à supporter pour certains exposants".

Le propriétaire du Salon s'est alors posé la question de la pertinence de conserver la nocturne. "Quand on a fait ce constat, nous avons mené une enquête l'an dernier parmi les exposants, et deux tiers nous ont dit préférer supprimer cette soirée, y compris pour mieux préserver le bien-être des animaux, qui fatiguaient beaucoup ce soir-là", explique-t-il. 

Déception de certains exposants

Une décision unanimement regrettée par la dizaine d'exposants contactés par BFMTV.com. "Les nocturnes sont très prisées par les Parisiens, qui viennent après le travail. Pour nous, c'est une perte sèche", confie un charcutier. "Certes, il y a un peu de 'viande soûle' mais on vend bien ce soir-là!", confirme une exposante. Un autre charcutier regrette que le prix du stand soit resté le même, "400 euros le mètre carré". La responsable d'une chambre d'agriculture cite un exemple: "L'année dernière, un marchand de jambon de notre région a vendu 900 sandwiches à 5 euros toute la soirée: vous imaginez le manque à gagner! Plusieurs milliers d'euros pour certains..." 

Certains pointent du doigt les stands d'alcool fort, et notamment de rhum, servis par les exposants d'outre-mer. "L'ambiance est joyeuse et festive, en particulier le soir avec la musique, donc les visiteurs n'hésitent pas à enchaîner les verres de rhum, alors qu'ils ont déjà souvent consommé du vin avant", nous explique une habituée du salon. Un exposant de la Réunion, joint par téléphone, préfère quant à lui se féliciter de la décision prise par Jean-Luc Poulain. "C'est vrai que l'ambiance est agitée vers les stands des îles, mais mieux vaut un manque à gagner qu'un problème de sécurité".

Le propriétaire du Salon prêt à changer d'avis

Soumis à ces réactions de déception, "qui sont très loin de représenter la majorité des exposants", explique-t-on du côté de l'organisation, Jean-Luc Poulain se montre très ouvert. "Si les commerçants me garantissent que l'année prochaine, ils resteront ouverts si nocturne il y a, je suis évidemment prêt à revoir ma décision! Mais là, par honnêteté pour les visiteurs, je ne voulais pas que certains viennent le vendredi soir après le travail, et soient déçus de voir quelques stands fermés".

Pas de nocturne donc, mais une sécurité néanmoins renforcée cette année, avec une augmentation de 20% des effectifs des agents en civil et en uniforme, soit plus de 300 au total. Par ailleurs, une ligne de "téléphone rouge" a été mise en place, permettant à chaque exposant de joindre immédiatement le service de sécurité en cas de problème. Le Salon est ainsi fin prêt à accueillir des milliers de visiteurs, du 21 février au 1er mars.