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"Nuit Debout": après Paris, la mobilisation s'étend à 25 villes

La mobilisation "Nuit Debout" se poursuit à Paris et s'étend dans plusieurs autres villes de France.

La mobilisation "Nuit Debout" se poursuit à Paris et s'étend dans plusieurs autres villes de France. - Dominique Faget - AFP

Le mouvement né place de la République s'apprête à passer une cinquième nuit "dehors", tandis que de nouveaux rassemblements similaires s'organisent de Lyon à Pau, en passant par Metz et Marseille. Tour de France d'un mouvement inédit.

Et de quatre. Pour la quatrième nuit consécutive depuis la journée de mobilisation contre la loi travail, des centaines de personnes du mouvement "Nuit Debout" ont occupé dans la nuit de dimanche à lundi la place de la République à Paris. Un mouvement présenté comme citoyen et pacifiste, et qui s'apprête à s'étendre à plusieurs autres villes de France, 25 pour l'heure, de Strasbourg à Marseille, en passant par Nantes et Toulouse.

Paris, un début?

A la capitale, on annonce un mouvement grandissant. "Nous sommes 2.000!", a scandé ce week-end une bénévole devant la foule, certains assis en tailleur sur les pavés de la place emblématique de Paris.

Le collectif "Nuit Debout", associé au DAL (Droit au Logement), a obtenu l'autorisation d'occuper la place jusqu'à ce mardi soir, une autorisation que comptent bien braver les manifestants. 

"Salaire à vie", "démocratie par tirage au sort", "baisse des hauts revenus", "embauche de tous les chômeurs", "destruction globale du système capitaliste", les revendications sont diverses et les participants se succèdent au mégaphone pendant l'AG qui dure plus de deux heures. "Y'a des utopistes parmi nous?", interroge l'un d'entre eux. Et le public de réinventer les applaudissements en répondant en agitant les mains en l'air.

"Nous ne sommes pas des bisounours, on est des optimistes, le monde dont on rêve, il est là", s'enthousiasme une jeune femme. Certains rêvent ici de "réécrire la Constitution" et réclament "la démission du gouvernement".

Un mouvement spontané...

Ce mouvement spontané est apparu dans la foulée de rassemblements convoqués par des organisations syndicales, étudiantes et lycéennes pour demander le retrait du projet de loi sur le travail. Mais le mouvement agrège aussi, sous le hashtag #NuitDebout sur les réseaux sociaux, d'autres revendications politiques ou sociales.

Et nombre de participants y voient l'amorce d'un phénomène informel comme les mouvements "Occupy" nés dans divers pays, ou comme celui des "Indignés" de la Puerta del Sol, apparu en 2011 à Madrid pour dénoncer l'austérité et la corruption. Chaque matin depuis vendredi, plusieurs dizaines de manifestants ont été délogés par les forces de l'ordre, avant de revenir occuper la place.

...qui prend de l'ampleur

En ce lundi, la carte de France des "#NuitDebout" s'est considérablement étendue. Tout d'abord concentré sur la place de la République à Paris, pas moins de 24 nouveaux rassemblements similaires ont été organisés en ce début de semaine sur toute la France.

Ces mobilisations, comme il est possible de le constater sur la carte suivante, gagnent tout le pays: de Lorient à Lille en passant par Nantes pour la face nord du pays, de Metz, Strasbourg et Dijon pour l'est, ainsi que Pau, Toulouse, Avignon, Marseille et Nice pour le sud.

El Khomri se montre "attentive"

Alors que le mouvement prend de l'ampleur, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, a assuré ce lundi "rester attentive à toutes les interpellations", notamment les "exaspérations" s'exprimant depuis quatre jours dans les rassemblements nocturnes place de la République à Paris.

"Je reste attentive à toutes les interpellations, quelles qu'elles soient, issues de la mobilisation qu'il y a eu la semaine dernière, celle qui s'exprime aussi place de la République, comme celle qui s'exprime aussi des syndicats dits réformistes qui soutiennent certaines avancées de cette loi", a-t-elle déclaré sur LCP.

Le rassemblement "Nuit debout", place de la République, exprime "une volonté de lutter contre la précarité". "Notre pays vit depuis 30 ans un chômage de masse, donc il faut entendre ces exaspérations-là", a-t-elle dit.

Jé. M. avec AFP