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Manif pour tous, Jour de colère: comment les mouvements mobilisent sur Internet

Twitter, Facebook, les mouvements de droite ou d'extrême droite mobilisent énormémement sur les réseaux sociaux.

Twitter, Facebook, les mouvements de droite ou d'extrême droite mobilisent énormémement sur les réseaux sociaux. - -

Manif pour tous, Jour de colère, des mobilisations de droite ou d'extrême droite nées sur Internet. Pour tous ces mouvements, les réseaux sociaux sont devenus un outil indispensable. Mais un outil dangereux, selon les spécialistes, car il permet aux opinions extrêmes de s'exprimer, et de mobiliser beaucoup plus qu'auparavant.

Les mobilisations de ces derniers mois l'ont démontré: qu'il s'agisse de la "Manif pour tous" ou du "Jour de colère", Internet est devenu un outil indispensable pour les mouvements de droite ou d'extrême droite, nés sur le web.

Exemple avec Gonzague de Chanterac, qui gère les réseaux sociaux de la Manif pour tous. Toujours un téléphone portable à la main, il actualise en permanence les comptes Facebook et Twitter du mouvement. "L'image, les réseaux sociaux, permettent de toucher des publics qui ne sont pas ceux que l'on a immédiatement", explique-t-il. "Quand on a appris la Une de Closer sur les frasques du président de la République, nos équipes bénévoles en multimédia et en infographie ont tout de suite réalisé de petites images, notamment une où l'on voyait un gros casque de scooter, où l'on pouvait lire 'Il veut faire casquer les familles'. Ca a fait marrer tout le monde et très rapidement les gens s'intéressent", fait-il valoir.

Parole libérée

Internet est également largement utilisé par "Jour de colère", qui a rassemblé des milliers de manifestants dimanche dernier. Parmi eux, de nombreux partisans de Dieudonné et de l'essayiste d'extrême droite Alain Soral. Tous deux ont appelé à se mobiliser sur leurs sites.

"Ce qu'il faut voir, c'est qu'ensuite ça passe de site en site et d'adresse Twitter en adresse Twitter. A la fin, ce sont des millions de personnes qui ont eu cette information", explique le journaliste Frédéric Haziza, auteur de Vol au-dessous d'un nid de fachos

Une propagation qui donne également une visibilité aux opinions les plus extrêmes. "Cela permet de libérer une parole qui était jusqu'à présent tabou dans les médias traditionnels ou sur l'Internet traditionnel, avant l'Internet 2.0", analyse Eddy Fougier, spécialiste des mouvements contestataires. De quoi inquiéter certaines associations, qui demandent un contrôle strict des messages diffusés sur les réseaux sociaux.

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