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Loi travail: incidents à Nantes lors de la manifestation

Manifestants envoyant des projectiles contre les forces de l'ordre, le 17 mai 2016 à Nantes.

Manifestants envoyant des projectiles contre les forces de l'ordre, le 17 mai 2016 à Nantes. - JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Les heurts ont éclaté à la mi-journée, à l'issue de la manifestation syndicale. Plusieurs centaines de jeunes ont lancé des projectiles sur les forces de l'ordre qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes.

Des incidents entre manifestants et forces de l'ordre ont éclaté mardi à la mi-journée à Nantes lors de la manifestation contre la loi travail à laquelle participaient entre 3.500 et 10.000 personnes selon les sources. Des manifestants ont commencé à lancer divers projectiles, dont des bouteilles en verre, sur la façade de la préfecture de Loire-Atlantique et en direction des forces de l'ordre présentes dans le jardin, qui ont répliqué en arrosant abondamment avec des lances à eau.

La manifestation syndicale, qui s'est achevée vers 12h30, a rassemblé 3.500 personnes selon la police, et entre 8.500 et 10.000 selon l'intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, FSU et Unef). A l'appel de l'intersyndicale et de la coordination lycéenne, le défilé s'était ébranlé vers 11 heures derrière une banderole jaune demandant le "Retrait du projet de loi travail".

La tête du cortège a ensuite été prise par plusieurs centaines de jeunes défilant derrière une banderole proclamant "Résistances". "On n'est pas violents, on est en colère. Jeunes, précaires et révolutionnaires", ont-ils notamment scandé, ainsi que "Nous ce qu'on veut, c'est niquer l'État, le 49-3, on n'en veut pas".

Des bouteilles de verre contre lacrymogènes

Vers 12h30 de nouveaux incidents se sont produits près du château des Ducs de Bretagne, avec échange de projectiles et grenades lacrymogènes entre manifestants et forces de l'ordre. Un peu plus à l'ouest, peu après, des manifestants, qui venaient de faire main basse sur une poubelle remplie de verre, ont jeté de nombreuses bouteilles sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué en faisant usage de grenades lacrymogènes. La Fnac, installée dans l'ancienne bourse, a aussi été visée par des projectiles.

Alors qu'ils couvraient la manifestation, un groupe de sept à huit photographes et journalistes vidéo a été victime de jets de bouteille. Bien que protégé par un casque, un photographe d'Ouest-France a été légèrement blessé par une bouteille de vin qui, sans se casser, lui a violemment frappé le côté du visage. Pris en charge et mis à l'abri par ses confrères, il a pu quitter les lieux par ses propres moyens.

Un feu place du Bouffay où se tiennent les Nuits debout

Puis un groupe de jeunes manifestants a mis le feu à un scooter, près des rails du tramway, tout près de la place du Bouffay, où se tiennent les Nuits debout nantaises. Quelques poubelles ont été jetées sur le feu, dégageant une épaisse fumée noire. Les forces de l'ordre ont répliqué quelques minutes plus tard, à grand renfort de lacrymogènes.

En référence à l'incendie d'une voiture de luxe lors d'une précédente manifestation à Nantes, des manifestants ont tagué "Elle est où la Porsche?", ou encore "Qui sème le gaz récolte le pavé", "49-3 qui cherche trouve" ou enfin "En cendre, tout devient possible" sur différents murs de la ville. Un "PS traîtres 49-3" a également été peint sur le rideau baissé du siège du PS.

D. N. avec AFP