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Goodyear Amiens: le bras de fer se poursuit entre CGT et direction

Un des directeurs de l'usine Goodyear s'explique avec un salarié, le 6 janvier.

Un des directeurs de l'usine Goodyear s'explique avec un salarié, le 6 janvier. - -

Deux dirigeants de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord sont séquestrés depuis plus de 24 heures par les salariés, qui demandent de meilleures conditions de licenciement. Les négociations sont, pour l'heure, au point mort.

La situation reste très tendue à l'usine Goodyear d'Amiens-Nord. Le bras de fer se poursuit ce mardi entre la CGT, qui séquestre depuis plus de 24 heures deux cadres de l'usine de pneumatiques promise à la fermeture, et la direction, qui refuse de négocier sous la pression.

Les négociations se trouvaient mardi midi au point mort entre les salariés, qui demandent de meilleures conditions de licenciement, et la direction, qui a refusé de rencontrer les élus du personnel de l'usine lors d'une réunion prévue à 10 heures dans les locaux de l'inspection du travail à Amiens, tant que les deux cadres ne seraient pas libérés.

"La situation est bloquée mais vous voyez que ça se passe très bien, il n'y a pas de feu, il n'y a pas de violence, il n'y a pas de débordements", a assuré Mickaël Mallet, délégué CGT, à la presse rassemblée à l'entrée de l'usine.

Retenus depuis plus de 24 heures

Le directeur de production de l'usine, Michel Dheilly, et le directeur des ressources humaines (DRH), Bernard Glesser, sont retenus depuis 10h30 lundi dans une salle de réunion, dont une des portes a été bloquée par un imposant pneu agraire, et où ils ont passé la nuit de lundi à mardi. Le directeur des ressources humaines a été aperçu à l'extérieur des bureaux alors qu'il prenait l'air brièvement, dans l'enceinte de l'usine.

Les deux cadres sont "ont à manger, à boire à volonté. Ils ont leurs portables, communiquent avec leurs familles. Ils sont libres de leurs mouvements dans l'usine, mais ne peuvent pas sortir du site", selon le délégué CGT, ajoutant qu'entre 100 et 150 salariés avaient également passé la nuit sur place. "Ils respirent, ils mangent, ils peuvent aller aux toilettes. On a demandé au service de l'infirmerie de venir prendre leur tension. Ca peut durer, mais ça peut s'arrêter" si la direction accepte de négocier, a également déclaré Mickaël Mallet.

Un huissier pour s'assurer de la sécurité

Une unité du Samu est arrivée mardi à l'usine. Selon nos informations, il s'agirait "par précaution" de procéder au "contrôle de la tension un peu élevée" d'un des dirigeants.

Par ailleurs, un huissier a été désigné mardi sur ordonnance de justice pour s'assurer de la "sécurité et de la libre circulation des biens et des personnes", a-t-on appris de source judiciaire. Le président du tribunal de grande instance d'Amiens saisi par la direction de Goodyear, a rendu cette ordonnance dans la matinée de mardi.

A.S. avec AFP