BFMTV

Malgré les polémiques, Dieudonné fait salle comble

Condamné pour incitation à la haine et propos antisémites, Dieudonné rencontre pourtant un certain succès public.

Au Dôme de Marseille le 19 novembre ou au Zénith de Toulouse dimanche dernier, le polémiste Dieudonné fait salle comble. Malgré les condamnations de son auteur pour incitation à la haine et propos antisémites, La Guerre rassemble plusieurs milliers de fans. Celui qui se vante dans ce spectacle d'avoir "un casier judiciaire long comme le bras" explique en avoir "marre d'être traité d'antisémite", mais ne rompt pas pour autant avec les propos tendancieux:

"Pendant les attentats du Bataclan, au théâtre de la Main d’Or, nous on est à 500 mètres à vol d'oiseau et je n’ai rien entendu. J’étais sur scène et je faisais un sketch sur ma belle-mère, je lui ai acheté des suppositoires. Je n’étais pas dans le truc, forcément je n’ai rien entendu", s'amuse Dieudonné, qui faisait monter sur scène le négationniste Robert Faurisson lors d'un précédent spectacle.

Tentative d'annulation

"C’est quelqu’un qui parle le même langage que les gens d’en bas. Il aborde des sujets qui font mal", défend sur notre antenne l'un de ceux que le polémiste surnomme ses "quenelliers", en référence à son geste polémique. "Dieudo, c’est facile de taper sur lui, mais il y en a qui sont pires que lui, et on ne leur dit rien", soutient un autre.

Le 13 novembre, le Conseil d'Etat avait estimé que la municipalité phocéenne avait eu tort d'annuler la location du Dôme de Marseille par Dieudonné, en jugeant que cette annulation représentait "une atteinte grave à la liberté d'expression". 

"L’antisémitisme et le racisme ce ne sont pas des opinions et ce n’est pas la liberté d’expression", rappelle sur BFMTV le président du groupe socialiste à la mairie de Marseille, Benoît Payan. Notre éditorialiste Christophe Barbier estime quant à lui qu'il y a "une éducation à faire sur le public, pour qu’on explique à ces gens que quand quelqu’un dit ‘Je n’ai rien entendu au Bataclan’, ce n’est pas pour faire rire, c’est pour faire croire qu’il n’y avait rien." 
L.N.