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Lyon: plusieurs milliers de soignants manifestent pour demander davantage de moyens pour l'hôpital

En première ligne face à l'épidémie de coronavirus, les infirmières et les aide-soignants réclament de meilleurs salaires et la fin des fermetures de lits.

La colère des soignants ne retombe pas. Ils étaient entre 6000 et 15.000, selon les sources, à manifester ce mardi dans les rues de Lyon, en réponse à l'appel de l'intersyndicale.

L'objectif de ce rassemblement: obtenir plus de moyens pour les établissements médico-sociaux publics. Notamment des revalorisations salariales et la fin de la fermeture des lits. "Nous sommes des héros... mais nous gagnons zéro" et "Ras la blouse, on veut du flouze", pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les manifestants.

Ces revendications, les personnels soignants les portent depuis des mois. Elles sont aujourd'hui renforcées par une crise sanitaire qui les a particulièrement mis à contribution. Les annonces d'Emmanuel Macron et l'organisation d'un Ségur de la santé ont jusqu'ici été inefficaces.

"La médaille, je n'en veux pas"

"La médaille, je n'en veux pas, témoigne Morgane, aide-soignante. Je ne suis pas une héroïne mais une soignante." Natasha, infirmière à l'hôpital Henry Gabrielle, regrette pour sa part qu'Emmanuel Macron n'ait pas parlé d'augmentation des salaires au cours de sa dernière allocution. "Pour nous, la prime c'est un moyen de mettre de l'eau sur le feu. La colère est toujours là. On attend des propositions concrètes."

Pour la première fois depuis plus de dix ans, des soignants du centre de lutte contre le cancer Léon Bérard ont rejoint les rangs du cortège. "Nous n'avons pas été en première ligne, effectivement, mais nous souffrons comme les autres, estime Stéphane Labbé, responsable syndical. Un aide-soignant à 1200 euros, une infirmière à 1500 euros, c'est lamentable".

Depuis la fin du confinement, les personnels soignants se rassemblent pour les "mardis de la colère". Ils espèrent fédérer autour de leur cause tous ceux qui les ont applaudis pendant deux mois de leur fenêtre.

Florian Bouhot