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Lyon: des réfugiés syriens ont ouvert un restaurant

Il y a un peu plus d'un an et demi, ces réfugiés fuyaient la guerre à Lattaquié, en Syrie, et demandaient l'asile à la France. Aujourd'hui, cette famille qui a tout quitté a ouvert un restaurant à Lyon.

Alors que la "jungle" de Calais a été démantelée et que ses habitants ont été envoyés vers des centres d'accueil et d'orientation partout en France, certains migrants se sont déjà intégrés. Comme cette famille syrienne installée à Lyon depuis moins de deux ans qui a ouvert un restaurant. 

Plus qu'un restaurant, c'est le symbole de leur nouvelle vie. En février 2015, la famille Zakaria quitte sa ville de Lattaquié, en Syrie. Direction la France qui leur offre l'asile. Ils s'installent à Lyon. Quelques mois plus tard, ils ouvrent ce restaurant de gastronomie syrienne.

"Je pense librement et je parle librement"

A l'initiative du projet: Bader, le père de famille. En Syrie, il était propriétaire d'une usine et employait 20 personnes. En changeant de pays, il a troqué son costume de gestionnaire pour un tablier de cuisinier.

"C'est plus difficile mais je sens que je suis maintenant tranquille. Parce que je suis libre", assure-t-il à BFMTV. "Je pense librement et je parle librement. Et en Syrie, c'est pas possible comme ça."

"Je vois l'avenir pour ma fille et mon fils" 

Bader a toujours refusé les aides sociales offertes par la France. Pour ouvrir son restaurant, il a utilisé ses économies accumulées en Syrie. Mais surtout, il a pu compter sur l'implication de toute la famille, à commencer par sa femme, qui l'aide en cuisine.

"Je travaille beaucoup de temps, tous les jours, du matin jusqu'à minuit, témoigne-t-elle. Je suis beaucoup heureuse en France. Je vois l'avenir pour ma fille et mon fils." 

"Je ne me sens plus comme un étranger"

Son fils, c'est Ziad, 29 ans. Pour lui, l'adaptation a été particulièrement difficile. Mais plus d'un an après son arrivée, il se sent chez lui à Lyon. Et c'est en français, une langue dont il ne connaissait rien il y a encore quelques mois, qu'il accueille à chaque service la trentaine de clients du restaurant.

"Quand je suis arrivé ici, c'était un peu étrange dans un pays où je connais rien, je connais pas de monde ici. Donc c'était un peu choquant pour moi au début. Je ne me sens plus comme un étranger. Je sens que ça fait longtemps que je suis ici."

S'il se plaît au restaurant, Ziad espère pouvoir pratiquer en France son métier: architecte, qu'il exerçait en Syrie. 

Céline Hussonnois-Alaya avec Jules Chiapello et Florent Bonnard