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Loi Travail: les manifestants de "Nuit Debout" évacués place de la République

Près de deux mille personnes étaient réunies ce vendredi un peu avant minuit sur la place de la République. Au delà de la contestation contre la loi El Khomri, de nombreux débats sur des sujets de société ont été organisés.

Des centaines et des centaines de personnes ont occupé la place de la République à Paris ce vendredi soir pour la deuxième "Nuit Debout", après la mobilisation la veille contre la loi Travail. Les forces de l'ordre ont procédé à l'évacuation de "80 militants" ce samedi au petit matin dans le calme, a indiqué une source policière à l'AFP. 

Un manifestant, interrogé par France Infoévoque des "coups de matraque". Le leader du NPA, Olivier Besancenot, appelle à une "reprise de la place République" à 14 heures, avec le Droit au logement, qui organise, au côté d'autres associations et syndicats, un rassemblement contre les expulsions locatives, au lendemain de la fin de la trêve hivernale.

"La loi Travail a été la goutte d'eau"

Depuis jeudi, ce mouvement citoyen a réuni plusieurs centaines voire plusieurs milliers de personnes de tous âges.

"La loi travail a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de notre indignation (...). A la convergence des luttes sociales et écologistes puis de la mobilisation étudiante, notre mobilisation vise d’abord à rassembler et à libérer une parole citoyenne inaudible dans les cadres étriqués de la représentation politique traditionnelle", expliquait la page Facebook de la "Nuit Debout".

Si les manifestants réclamaient au départ le retrait de la loi El Khomri, de nombreux débats et des discussions sur différents thèmes ont été organisés dès le début de la soirée: 35 heures, état d'urgence, politique étrangère ont fait partie des sujets abordés. Des tentes ont été installées pour accueillir ceux qui comptaient passer une seconde nuit sur la place.

"On prend les choses en main"

Arthur, étudiant et stagiaire a revendiqué sur BFMTV la volonté de "construire ce pour quoi on est d'accord, ensemble". Ce membre du collectif "Convergence des luttes" a souligné l'importance d'unir "les lycées, les salariés, les chômeurs, les réfugiés". "On prend les choses en main", a ajouté le jeune homme alors que "cela fait des années qu'il y a une ambiance moribonde en France". Selon lui, l'idée de la "Nuit Debout" a été reprise dans 22 villes en France.

Le sociologue Albert Ogien a confié à BFMTV regarder ce qui se passait à Paris "avec un peu d'émotion et d'étonnement", soulignant que le mouvement n'était pas issu d'une revendication syndicale mais de la mobilisation sur internet baptisée "On vaut mieux que ça".

Selon lui "les Indignés ont essaimé" et "ces rassemblements sont la preuve que les gens sont en colère". "On ne sait pas ce que cela peut donner", a concédé le sociologue.

Aurélie Delmas