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Pannes d'ascenseurs: les locataires des grands ensembles s'organisent

Les locataires des résidences de banlieues en ont marre. Certains ont créé un collectif pour dénoncer les pannes récurrentes particulièrement incidentes pour les personnes à mobilité réduite qui se retrouvent coupées du monde.

Pièces détachées en rupture, défaut d'entretien, usure, acte de malveillance voire, défaut de conception, grève du prestataire, les raisons menant à la panne d'ascenseur sont innombrables. Mais, dans les immeubles sociaux, où les étages se comptent parfois en dizaines, quand l'indisponibilité se prolonge, les résidents subissent un exil forcé qui les empêche de sortir régulièrement.

Ainsi, dans un immeuble HLM situé à Argenteuil où a enquêté BFMTV, l'ascenseur est en panne depuis bientôt trois semaines. Sur les vingt-deux engins que compte la résidence, cinq sont actuellement hors service. La situation est compliquée pour les habitants qui rencontrent des difficultés à se déplacer.

"J'appelle une personne, j'appelle une autre, ma fille va faire une course, mon autre fille va faire une deuxième course, je suis tributaire de tout le monde", se plaint, Viviane Hemmerlé, une résidente à la mobilité réduite.

Un collectif pour faire pression sur les bailleurs

Mardi dernier, indique France Soir, plusieurs responsables d'amicales de plusieurs quartiers de Seine-Saint-Denis se sont constituées en collectif. A Bobigny, les habitants ont décidé y voient une manière de centraliser les réclamations et faire pression sur les bailleurs. Ils ont contacté un avocat pour envisager de mener une action de groupe, telle qu'introduite dans le droit français par la loi du 17 mars 2014. Un gel partiel est loyers a même été évoqué.

"La force de l'action de groupe, c'est que plusieurs personnes se mettent d'accord sur une stratégie pour attaquer le bailleur", fait valoir Fouad Ben Ahmed. 

C'est d'ailleurs à Bobigny qu'une femme handicapée décrivait auprès de RMC son quotidien "monotone" alors qu'elle était à l'isolement involontaire chez elle. Ou encore, ce musicien quinquagénaire qui était coincé depuis quatre mois dans son logement de Maxéville, près de Nancy. 

Pour les personnes ainsi immobilisées, le recours au système "D" est le passage obligé. Mais si certains peuvent compter sur leurs amis ou leur famille, d'autres restent cloîtrés. 

Les bailleurs encourent jusqu'à 450 euros d'amende et leur responsabilité peut être engagée en cas d'accident.

David Namias avec Mélanie Bontems et François Pitrel