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Centre pour SDF dans le 16e à Paris: les riverains déboutés de leur demande de suspension

Ce projet de centre d'hébergement d'urgence est soutenu par la maire de Paris mais combattu par celui du 16e arrondissement, l'un des plus chics de la capitale.

Les riverains opposés à l'installation d'un centre d'hébergement pour sans-abris en lisière du bois de Boulogne, dans le très chic 16e arrondissement de Paris, ont été déboutés de leur demande de suspension du projet vendredi par le tribunal administratif.

Le juge des référés du tribunal a considéré que la construction du centre, au coeur d'une vive polémique depuis plusieurs semaines, n'entraînerait "aucune modification significative du site classé" et a retenu "l'importance de l'intérêt public poursuivi par le projet" porté par la mairie de la capitale, qui permettra d'accueillir 200 personnes. Les syndicats de copropriété de plusieurs immeubles voisins et la Coordination pour la sauvegarde du bois de Boulogne, qui avaient saisi le tribunal dans une procédure d'urgence, pourront faire appel de la décision.

200 personnes accueillies

Porté par la maire PS de la capitale Anne Hidalgo et combattu par le maire Les Républicains du 16e arrondissement Claude Goasguen, ce projet de construction avait été lancé par l'association Aurore, qui lutte pour la réinsertion sociale et professionnelle de personnes en situation d'exclusion et/ou de précarité. Le centre devrait permettre d'accueillir 200 personnes. Selon la mairie de Paris, le 16e arrondissement ne compte que huit places en hébergement d'urgence, sur un total de 9.700 dans la capitale.

En mars, plus de 40.000 riverains avaient signé une pétition contre la construction de ce centre d'hébergement qu'ils avaient alors qualifié de "nouveau Sangatte", en référence au centre de la Croix-Rouge qui avait rassemblé jusqu'à 800 migrants à Calais, avant d'être fermé en 2002. Le 14 mars, une réunion d'information organisée par Anne Hidalgo et son adjoint au logement Ian Brossat avait dégénéré, avec insultes et portes enfoncés. Le Premier ministre Manuel Valls avait réagi en se disant "choqué" par ces vociférations.

la rédaction avec AFP