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Les pépiniéristes peinent à recruter

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Malgré un fort taux de chômage, les pépiniéristes peinent à recruter. Selon l'enquête "Besoins en main d'œuvre 2012" réalisée par Pôle Emploi, les employeurs prévoyaient d’embaucher 17 000 personnes. « Il n’y a pas beaucoup de personnes formées », confie un exploitant.

Le chômage est en hausse constante depuis plusieurs mois. Pourtant, malgré la crise, certaines professions peinent à recruter. C’est le cas des pépiniéristes. A Seyssuel en Isère, une entreprise familiale est confrontée à ce problème de recrutement. « Il n’y a pas beaucoup de personnes formées en pépinière. C’est assez physique, on travaille par tous les temps. Ce n’est pas juste les petits oiseaux, les petites fleurs. On porte des choses lourdes, on a des périodes d’arrachage, de greffage, de taille. On trouvera quelqu’un pour travailler mais pas quelqu’un qui pourra attaquer tout de suite sans qu’on lui explique et qu’on lui montre », confie le chef d’entreprise.

« La pépinière c’est ingrat, c’est physique... »

Jérémie travaille avec son père dans l’entreprise familiale à Seyssuel. Pour lui, qui est passé par une école de formation au métier de pépiniériste, si la profession a du mal à recruter, c’est surtout un problème d’image lié à la formation. « La pépinière c’est ingrat, c’est physique. Il y avait beaucoup plus de monde passionné par le paysage, la création. La production c’était toujours un peu mis en retrait. Beaucoup viennent en pépinière pour apprendre les végétaux et après se tournent vers le paysage », explique-t-il sur RMC. Par ailleurs, beaucoup de professionnels estiment que les formations proposées privilégient l’apprentissage des connaissances plutôt que la technique qui, elle, est indispensable dans le métier de pépiniériste.

« Un déficit de main d’œuvre dû à l’enseignement »

Bruno Imbert est à la tête d’une exploitation de 80 hectares dans le Rhône. Il est aussi président de la Fédération nationale des producteurs de l’horticulture et des pépinières en Rhône-Alpes. Pour lui, si la profession a du mal à recruter c’est à cause de l’enseignement : « Le déficit de main d'oeuvre est dû à l'enseignement. Il y a un enseignement très technique : apprendre à semer, à bouturer, à greffer, à reconnaître un végétal, le mettre au bon endroit. Greffer par exemple, c’est un geste chirurgical : même souci de la propreté et des connaissances qu’un chirurgien. Il n’y a plus d’école pour apprendre ces gestes très techniques. Il n’y a plus de professeur. Ces gestes se transmettent de bouche à oreille dans les entreprises… à terme il n’y aura plus personne ».

La Rédaction avec Amélie Rosique