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Les gilets jaunes préparent l'acte 4 du mouvement

Les appels à manifester se multiplient sur les réseaux sociaux ces derniers jours en vue d'un acte 4 de la mobilisation des gilets jaunes, samedi prochain. Les annonces d'Edouard Philippe ce mardi n'ont ni apaisé le mouvement ni entamé la détermination des manifestants.

L'exécutif espérait avoir trouvé la porte de sortie grâce au moratoire sur la hausse de la taxe sur les carburants. Mais les annonces du gouvernement ne calment pas la colère des gilets jaunes, qui les jugent à la fois insuffisantes et trop tardives.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs appels ont été lancés pour un acte 4 de la contestation samedi 8 décembre à Paris, et ce malgré l'appel de Christophe Castaner: le ministre de l'Intérieur a invité mardi après-midi les gilets jaunes "raisonnables" à ne pas se rassembler à Paris le week-end prochain.

Multiplication des appels à manifester sur Facebook

Tandis que certains gilets jaunes prônent le dialogue et la sortie de crise à travers une négociation avec le gouvernement, d'autres appellent au contraire à durcir le ton dès cette semaine. Sur Facebook, plusieurs dizaines d'événements se font concurrence, et les tonalités divergent, entre ceux qui appellent à manifester pacifiquement et ceux qui appellent à durcir le ton.

Parmi eux, un appel au blocage général samedi ou encore un événement intitulé "Acte 4 Paris Insurrection!" qui appelle à bloquer les raffineries et les ports dès mardi, et à manifester samedi à Paris. Une autre page relaie un événement appelé "Acte 4, Tous à la Bastille" et lui propose "une manifestation pacifique Place de la Bastille". 

"Tout le monde ira samedi, il ne faut pas lâcher, on est au bout", a soutenu mardi soir sur notre antenne l'un de leurs porte-parole des gilets jaunes: Eric Drouet, chauffeur-routier, assure qu'il ira manifester malgré les annonces d'Edouard Philippe et a fait part de son insatisfaction sur notre antenne: "Ces mesures n'ont pas convaincu. (...) Un gel des taxes ne change rien aux conditions de vie dans l’immédiat."

"C'est malheureux mais c'est le seul moyen de montrer qu'une grande partie voire la majorité des gilets jaunes ne sont pas d'accord avec les mesures annoncées, et ça continuera tant qu'il n'y aura pas de réel changement" a-t-il déclaré sur BFMTV, en réaction à l'intervention du chef du gouvernement. 

"Samedi prochain, c'est fini. Samedi prochain, ce sera l'aboutissement final. Samedi c'est nous qui auront la mainmise sur tout ça, c'est nous allons décider de ce qui se passera" a-t-il annoncé dans son Facebook Live lundi soir. "Les forces de l'ordre finiront par se joindre à nous. Samedi, on va être à très peu à ce que les CRS rendent les casques et arrêtent".

"Bloquer peut-être des axes plus importants, des points plus stratégiques, il faut qu'on se montre, il faut qu'on se fasse entendre et on ne lâchera pas" expliquait Amandine Laplanche, gilet jaune de l'Eure sur notre antenne.

65.000 policiers supplémentaires prévus

Du côté du gouvernement, pas question de revoir les images de violences du week-end dernier. Les consignes aux forces de l'ordre sont claires pour éviter de nouveaux débordements

"En terme de riposte, effectivement c'est prévu" assure Thomas Toussaint, délégué du pôle national CRS de l'UNSA Police sur BFMTV. "La nouvelle doctrine le prévoit: on est mesure d'aller au contact et d'interpeller les casseurs et de faire cesser tout trouble à l'ordre public".

En plus d'un appel au calme lancé à l'attention des gilets jaunes, le ministre de l'Intérieur a d'ores et déjà prévenu pendant son audition devant la commission des Lois du Sénat que "des forces supplémentaires" seraient mobilisées samedi prochain, en plus des 65.000 déjà mobilisés le 1er décembre.

Saluant des annonces susceptibles de "répondre à la colère exprimée par une partie des Français", le Medef a dit de son côté espérer que ce moratoire de six mois permette de "mettre fin aux blocages inacceptables que connaît l'économie française".

Jeanne Bulant