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"Les femmes c'est comme les juments": polémique après une diapo misogyne au congrès des gynécologues

Israël Nisand, président du Collège national des Gynécologues et Obstétriciens Français.

Israël Nisand, président du Collège national des Gynécologues et Obstétriciens Français. - FREDERICK FLORIN / AFP

Une diapositive misogyne projetée devant 1200 personnes lors des 42e journées du Collège national des gynécologues et obstétriciens a provoqué la stupeur et forcé le président de l'organisme à présenter des excuses.

"Les femmes, c'est comme les juments, celles qui ont de grosses hanches ne sont pas les plus agréables à monter, mais c'est celles qui mettent bas le plus facilement". Cette phrase figurait sur une diapositive diffusée ce jeudi lors des 42e Journées du CNGOF, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français, qui se tiennent à Strasbourg. La diapositive a été projetée devant 1200 congressistes. Diffusée sur les réseaux sociaux, où est apparu le hashtag #jenesuispasunejument, elle a provoqué un tollé immédiat, et poussé le président du CNGOF, Israël Nisand, à présenter ses excuses. 

"C'était totalement inapproprié, déplacé et j'ai éprouvé le besoin de présenter mes excuses au nom du collège des gynécologues", a-t-il fait valoir.
Dans une vidéo mise en ligne sur la page Twitter du collège, il évoque une phrase "sortie de son contexte" qui "peut faire croire que celui qui l'a présentée en valide le sens, ce qui n'est pas le cas", assure-t-il.

Un "acte déplacé"

La phrase est issue de l'ouvrage Le Seigneur de Châlus, d'Yves Aubard, un roman historique publié en 2012 et qui se passe au Moyen-Age, entre 967 et 969. La diapositive faisait partie d'une communication "d'un jeune agrégé parmi une dizaine de présentations sur les recommandations pratiques pour la protection du périnée au cours de l'accouchement", a précisé le Israël Nisand à l'AFP.

"Pour le jeune agrégé, il s'agissait de montrer comment on s'occupait des femmes au Moyen Age et combien cela a changé aujourd'hui. C'était à tout le moins maladroit. Il a tout de suite compris qu'il avait fait une grosse bêtise et il en est très malheureux", a martelé le gynécologue, expliquant que les textes présentés au congrès étaient relus, "mais les diapositives laissées à l'appréciation des intervenants".

Une intervention sur les "prétendues violences obstétricales"

"Quoi qu’il en soit, je souhaite très officiellement dire au nom du CNGOF que toute notre protection est arc-boutée sur la défense des femmes, de leur santé et de leur dignité. Je prie donc tous ceux qui ont pu être choqués par l’affichage inapproprié de cette phrase moyenâgeuse d’accepter les excuses du CNGOF qui bien sûr regrette cet acte déplacé", a déclaré le professeur Nisand ce vendredi, sur la scène du congrès.

Pour ajouter à la polémique, comme l'a relevé l'association Osez le féminisme, qui a relayé la diapositive sur les réseaux sociaux, le programme préliminaire des journées comportait plusieurs intitulés problématiques, qui ont été modifiées dans le programme final. Une discussion prévue jeudi à 15h sur "Ces prétendues violences obstétricales: les enjeux juridiques", est devenue "Les enjeux juridiques des 'violences obstétricales'", l'expression apparaissant entre guillemets. Ensuite, à 17h30, une prise de parole assurée par Israël Nisand et nommée au départ "Comment se prémunir des plaintes pour attouchements sexuels?" est devenue "Pas d'ambiguïté dans les relations avec les patientes". 

Charlie Vandekerkhove