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Les falsifications de plaques d’immatriculation explosent

Bien souvent, aucun document n'est demandé pour faire un jeu de plaques d'immatriculation.

Bien souvent, aucun document n'est demandé pour faire un jeu de plaques d'immatriculation. - -

Selon le magazine Auto Plus, les falsifications de plaques d’immatriculation sont toujours aussi simples : il n’y a bien souvent aucun document à fournir. Résultat, le phénomène explose, +50% en un an, et les victimes sont de plus en plus nombreuses.

Vous aussi, ayez la même plaque d’immatriculation que la Citroën DS5 de François Hollande. Selon le magazine Auto Plus, rien de plus simple, en effet, que de faire une fausse plaque. Et pour le prouver, ils ont copié celle du président de la République. Résultat, les « vols » de numéro d'immatriculation sont de plus en plus fréquents, et les victimes se voient ensuite reprocher des infractions qu’elles n’ont pas commises. Dans son enquête, le magazine dénonce l'insuffisance des contrôles : les trois quarts des sites Internet ne réclament pas de carte grise avant de vous faire votre plaque, de même que la moitié des boutiques spécialisées. Résultat, en 2011, les forces de l'ordre ont rédigé 20 296 amendes pour usurpation ou usage de fausses plaques, contre 13 574 en 2010, soit une hausse de 50% en un an.

« Les gendarmes ne veulent même pas vous entendre »

Daniel Merlet, président de l'ANDEVI (association nationale de défense des victimes d’injustices), a directement vu le phénomène exploser : « Depuis le début de l’année, on a eu plus de 1 000 appels, 260 dossiers en cours, et tous les jours on a des cas comme ça. On a alerté tous les députés il y a un mois et demi pour qu’ils légifèrent rapidement et qu’on oblige à demander un minimum de documents pour obtenir une plaque d’immatriculation. Seulement cinq députés ont osé nous répondre. L’aberration est totale : on nous dit "dès que vous êtes victimes d’usurpation, allez déposer plainte", mais les gendarmeries ne veulent pas vous entendre. Vous avez des commissariats qui vous disent : "ma petite dame, si on prend votre plainte, on ne va faire que ça" ».

« Vous recevez les plaques en 48 heures »

Auteur de l’enquête, le journaliste à Auto Plus, Benjamin Lyonnet a testé les différents moyens de contourner les règles : « La manière la plus simple, c’est d’aller directement sur les sites Internet qui, en façade, demandent un justificatif de carte grise mais qui, en réalité, ne le demandent jamais, raconte le journaliste. Il suffit de rentrer l’immatriculation, payer par carte bancaire, et vous recevez les plaques en 48 heures chez vous. Chez un garagiste, quand on arrive avec une copie très grossièrement falsifiée, ça passe dans tous les cas, et on ressort avec un jeu de plaques sans problème ».

« J’ai cru que c’était une blague »

Libre au fraudeur, ensuite, de faire ce qu’il veut avec ces plaques. Valérie, qui a été victime d’une usurpation, en a fait les frais : « J’ai reçu un PV dans ma boite aux lettres qui disait que je m’étais garée sur une place handicapée à Pantin, vers Paris. Quand j’ai vu ça, j’ai cru que c’était une grosse blague. Je ne vais jamais à Paris, j’ai déjà du mal à aller à Angers ! Je suis allée voir la gendarmerie, au bout de quatre mois, j’ai reçu un rappel, 375 euros. Je ne dormais plus, ou très peu, le matin je me réveillais à six heures en me demandant si je n’allais pas voir les huissiers de justice débarquer. Quand on a des problèmes financiers, c’est énorme ».

Mathias Chaillot avec Hugo Perrier