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Les éthylotests obligatoires sont-ils utiles ?

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Dimanche 1er juillet, avoir un éthylotest dans son véhicule sera obligatoire. Ne pas en avoir coûtera 11€. Les premières amendes ne seront dressées qu’à compter du 1er novembre. Mais la polémique sur l’utilité du dispositif se fait déjà sentir.

Plus que 2 jours pour se procurer un éthylotest ! A partir du 1er juillet, les éthylotests seront obligatoires à bord des voitures. La mesure concerne tout véhicule à moteur de plus de 50 cm3 - et donc pas les scooters. Les conducteurs devront donc acquérir au moins un éthylotest chimique à usage unique (entre 1 et 3 euros) ou un éthylotest électronique réutilisable (à partir de 100 euros). En cas d'infraction, la sanction sera, à partir du 1er novembre, une amende de 11 euros.

Rupture de stock chez les fabricants

Mais se procurer des éthylotests "ballons" est presque mission impossible. Les fabricants ont du mal à suivre la cadence : le marché représenterait près de 110 millions de pièces. Et aujourd’hui, les pharmacies ne sont quasi plus approvisionnées. Chez les distributeurs spécialisés (Norauto, Speedy…), même constat : les arrivages se font au compte-gouttes.

Une mesure critiquée pendant la campagne

L’objectif de la sécurité routière, c’est d’inculquer l’auto-contrôle. C’est-à-dire se tester soi-même avant de prendre la route. Et si l'éthylotest est positif, que le taux d'alcool est trop important, laisser le volant à un autre conducteur. Mais cette mesure décidée sous Nicolas Sarkozy fait polémique. Elle avait même fait l'objet de critiques de la part de François Hollande pendant la campagne présidentielle. Le président de la République, alors candidat socialiste, la jugeait « pas toujours adaptée » : « la grande majorité des accidents est le fait de conducteurs qui savent être au-dessus de la limite légale ». Aujourd’hui ce sont les associations de conducteurs qui réagissent à cette nouvelle obligation.

« C’est d’abord un appel à la responsabilisation »

Vincent Julé-Parade est vice-président de l'association Victimes et citoyens. Il est favorable à cette mesure, même s'il estime qu'elle ne va pas révolutionner la Sécurité routière : « C’est d’abord un appel à la responsabilisation des conducteurs. C’est tout d’abord les inciter clairement à l’utiliser et surtout à ne plus se trouver de prétexte en disant : "je ne savais pas que je n’étais pas en état de conduire". C’est aussi un appel à la responsabilisation des passagers. Il y aura toujours à portée de main un outil pour savoir si le conducteur avec qui on entend monter peut ou ne peut pas conduire ».

« Un gadget qui ne sert à rien »

Chantal Perrichon est présidente de la Ligue contre la violence routière. Elle est contre cette mesure qu’elle qualifie de « gadget qui ne sert à rien » : « Dans 80% des accidents mortels dans lesquels l’alcool est impliqué, l'alcoolémie est supérieure à 1,2g/l. Il est évident que celui qui a une alcoolémie de ce niveau n’ira jamais se tester. Mais rien ne l’empêchera de prendre le volant pour autant. Quant aux gens de bonne foi, ils utiliseront un gadget qui n’est pas fiable. Il s’agit d’une mesure totalement absurde ».

La Rédaction avec Victor Joanin