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Les éleveurs en colère après les vidéos chocs des abattoirs

Après la publication de nouvelles vidéos tournées dans des abattoirs par l'association L214, les éleveurs craignent une nouvelle baisse de la consommation de viande, déjà en berne. Indignés par les pratiques dévoilées, ils déplorent aussi l'image renvoyée par toute la filière.

De nouvelles images de l'horreur et c'est tout une chaîne qui en pâtit. Après la diffusion de vidéos tournées dans des abattoirs du Mercantour de Pézenas par l'association L214, les éleveurs craignent un certain rejet de la viande de la part du consommateur. Indignés, eux assurent élever leurs bêtes avec attention et respect.

"On a la chance de voir naître nos animaux, on est au plus près d'eux", insiste Guillaume Cabot, président des Jeunes agriculteurs 76. "On élève nos bêtes en bon père de famille, on est là pour les soigner, on a des contrôles européens sur l'identification des animaux, sur leur traçabilité (…) On se doit de respecter un cahier des charges, les abattoirs doivent faire de même", poursuit l'éleveur.

Car la conséquence de telles vidéos se traduit par moins de viande dans les assiettes. Si la consommation a connu un léger sursaut en France l'an dernier (+1% par rapport à 2014), elle a malgré tout fondu sur les dix dernières années (-10%). Les jeunes se tournent de plus en plus vers une alimentation végétarienne après les scandales à répétitions, notamment sur la maltraitance animale.

"Il y a des stocks d'animaux dans les fermes un peu à droite à gauche et ça met à mal toute notre filière", regrette Guillaume Cabot.

Une image erronée?

Au-delà des réalités économiques, c'est l'image de toute une filière qui est écornée. "Dans 99% des cas, les abattoirs tournent très bien. Le paysan a fait d'énormes progrès dans le bien-être animal", peste Jean-Louis Ogier, président de la coordination rurale Auvergne-Rhône-Alpes.

Cet éleveur dénonce également un acharnement et le lobbying des associations anti-viande, à l'instar de L214 qui milite pour un protection animale et l'abolition de certains pratiques comme l'élevage. Comme Jean-Louis, les producteurs refusent de porter le chapeau pour les pratiques honteuses d'une minorité. A Limoges, des éleveurs manifesteront ce jeudi à 18 heures contre les "anti-viande".

P. P. avec Rym Bey, Claire Elien et Florent Bonnard