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Les écoutes judiciaires menacées dès la semaine prochaine

Les sociétés chargées des écoutes doivent remplacer leurs serveurs et veulent un engagement du gouvernement (photo d'illustration).

Les sociétés chargées des écoutes doivent remplacer leurs serveurs et veulent un engagement du gouvernement (photo d'illustration). - Michael Bocchieri - Getty Images North America - AFP

Les sociétés chargées des écoutes judiciaires adressent un ultimatum à la Chancellerie. Elles veulent des précisions quant à leur avenir, alors que l'Etat a engagé un programme de regroupement des écoutes judiciaire.

Lundi, à partir de minuit, les sociétés chargées des réquisitions judiciaires ne traiteront plus aucune demande. La menace est adressée ce vendredi sous forme de lettre au ministère de la Justice par les quatre principales sociétés qui s'occupent pour les services de police des réquisitions judiciaires. 

La raison de cet ultimatum, l'incertitude à laquelle font face ces sociétés sur leur avenir. L'Etat a, en effet, prévu l'ouverture d'une toute nouvelle plate-forme nationale d'interceptions judiciaires (PNIJ), située à Elancourt dans les Yvelines. Ce nouveau dispositif centralisé met fin au système en place actuellement qui a recours à différentes sociétés privées. Elles sont chargées d'exploiter les données à destination des centres de police et de gendarmerie en France qui ont recours aux écoutes téléphoniques.

Matériel vieillissant

Mais le nouveau PNIJ a du retard. Il aurait d'ailleurs dû être mis en service en avril dernier mais la plate-forme n'est toujours pas opérationnelle. Problème pour les sociétés qui s'occupent encore des écoutes judiciaires, elles ont besoin de renouveler leur matériel.

Le PDG d'une des sociétés, Michel Besnier, explique que ses serveurs doivent être changés. "Si on ne les change pas, on va se retrouver avec une panne". Mais les banquiers ne suivent pas faute de prévision sur la durée. "Il me faut un minimum de deux ans et demi d'engagement pour que les banquiers me suivent."

Les sociétés demandent un engagement sur trente mois à la Chancellerie.

En l'absence d'une réponse lundi, les quatre sociétés ont promis de ne plus traiter de nouvelles demandes. Les écoutes judiciaires sont devenues des pratiques courantes dans les enquêtes. Selon le ministère de la Justice, elles ont augmenté de 75 % entre 2006 et 2012.

Carole Blanchard