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Les cantonales, discret prélude à 2012

La moitié des exécutifs des départements seront renouvelés à l'occasion des élections cantonales dont le premier tour a lieu dimanche. Selon un récent sondage Harris Interactive, la gauche obtiendrait 32% des intentions de vote, contre 28% à la droite, qu

La moitié des exécutifs des départements seront renouvelés à l'occasion des élections cantonales dont le premier tour a lieu dimanche. Selon un récent sondage Harris Interactive, la gauche obtiendrait 32% des intentions de vote, contre 28% à la droite, qu - -

par Clément Guillou PARIS (Reuters) - La moitié des exécutifs des départements seront renouvelés à l'occasion des élections cantonales dont le...

par Clément Guillou

PARIS (Reuters) - La moitié des exécutifs des départements seront renouvelés à l'occasion des élections cantonales dont le premier tour a lieu dimanche et qui semblent peu intéresser les Français.

Elles n'en constituent pas moins le dernier scrutin direct avant la présidentielle de 2012.

Paris est le seul département à ne pas être concerné par le scrutin des 20 et 27 mars, où quelque 2.000 conseillers généraux seront élus pour trois ans.

Selon un récent sondage Harris Interactive, la gauche obtiendrait 32% des intentions de vote, contre 28% à la droite, qui a souffert lors des scrutins intermédiaires ces dernières années, et 15% au Front national.

A moins qu'un candidat socialiste ne s'impose en 2012 et revienne sur la réforme territoriale, ce scrutin cantonal sera le dernier: les conseillers régionaux et généraux doivent être remplacés par des conseillers territoriaux en 2014.

Cinquante-huit départements sur 100 sont dirigés par la gauche, qui reconquiert des conseils généraux depuis 1994.

La majorité est fragile dans une vingtaine de départements qui pourraient donc basculer. Mais ni le Parti socialiste ni l'UMP ne s'attendent à des bouleversements majeurs.

Le "troisième tour", l'élection des présidents de conseils généraux le vendredi suivant le deuxième tour, sera tout aussi important que les deux premiers, compte tenu des particularismes locaux et d'alliances parfois inattendues.

Le principal enjeu national sera le maintien ou non de la Corrèze à gauche: François Hollande renoncera aux primaires socialistes s'il perd le conseil général.

Le scrutin aura en outre une influence mineure sur les sénatoriales de l'automne, les conseillers généraux composant une infime minorité des "grands électeurs" qui élisent les membres du Sénat, que la gauche espère faire basculer.

ABSTENTION

Les pronostics sont délicats. Le seul chiffre prévisible semble être celui de l'abstention, qui devrait dépasser celle des élections régionales il y a un an (53,67%).

Les conseillers généraux sont élus pour trois ans seulement, sont appelés à disparaître et la publicité est faible autour de ces élections.

Pour la première fois depuis 1994, les élections cantonales ne sont pas organisées en même temps qu'une autre élection, ce qui devrait encourager la démobilisation.

Dans une récente enquête OpinionWay, deux sondés sur trois appelés à voter les deux prochains dimanches se disent peu ou pas intéressés par les élections cantonales.

L'opposition accuse le gouvernement de favoriser cette abstention en évitant de communiquer sur le sujet.

"La droite fait comme si cette élection n'existait pas, elle fait tout pour oublier ce rendez-vous électoral", a déclaré récemment le premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, à Meyzieu, dans le Rhône, un département qui pourrait basculer à gauche.

Ces cantonales, "c'est l'occasion de dire au président de la République dans quelle impasse il met la France", a-t-elle estimé.

Le PS espère franchir la barre des 60 départements à gauche et vise des départements symboliques: le Rhône du ministre de la Justice Michel Mercier, la Vienne, terre de l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, ou les Pyrénées-Atlantiques, fief du président du Mouvement démocrate (MoDem) François Bayrou.

"ENJEU LOCAL"

Pour la majorité, ce scrutin sera "une élection locale avec un enjeu local", selon l'expression du député Alain Marleix, spécialiste des élections à l'UMP.

"A mon avis, on aura un résultat équilibré. Je pense que les choses ont évolué depuis les élections régionales", dit-il à Reuters, relevant les bons résultats de l'UMP dans les élections partielles organisées depuis l'automne.

La majorité considère qu'elle aura gagné les élections cantonales si elle récupère deux départements de la couronne parisienne, la Seine-et-Marne et le Val-d'Oise.

Le Front national, qui n'a aucun conseiller général, essaiera de provoquer des triangulaires même si le seuil d'accessibilité au deuxième tour a été relevé de 10% à 12,5% des inscrits.

Marine Le Pen, dont il s'agira du premier scrutin en tant que chef du parti, souhaite une première illustration concrète de sa popularité dans les sondages.

Le Parti communiste, qui compte encore de nombreux conseillers généraux, tentera d'enrayer son déclin électoral et Europe Ecologie-Les Verts de confirmer sa percée des élections régionales il y a un an.

Les écologistes pourraient profiter en outre du débat sur le nucléaire relancé par les conséquences du séisme et du tsunami qui ont frappé le Japon. Mais ce scrutin local ne les avantage pas.

Edité par Patrick Vignal