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Le salon de l'Agriculture, terrain de campagne pour les départementales

Stéphane Le Foll et Manuel Valls au Salon de l'Agriculture 2015.

Stéphane Le Foll et Manuel Valls au Salon de l'Agriculture 2015. - Martin Bureau - AFP

De nombreuses personnalités politiques se sont succédé dans les allées du Salon de l'Agriculture à quelques mois des élections départementales. Nombreux étaient ceux qui tenaient à mettre en garde les agriculteurs contre la tentation d'un vote FN.

A un mois des élections départementalesle salon de l'Agriculture, qui a fermé ces portes ce dimanche, s'est transformé en terrain de campagne. Et la possible progression du Front national en milieu rural était dans toutes les têtes.

Avant le début du salon, le gouvernement a donné des gages aux agriculteurs dès jeudi matin, en annonçant une série de mesures destinées à soulager leurs difficultés. François Hollande, Manuel Valls pour le gouvernement, puis Alain Juppé pour l'UMP, ont ensuite mis en garde les agriculteurs contre la tentation du FN. 

"Les populistes disent qu'il faut sortir de l'UE", mais "si on écoutait ces populistes, il n'y aurait même plus d'aides qui seraient données aux agriculteurs, plus de garantie sur les prix", a fait valoir le président de la République qui est resté sur place pendant 8 heures.

"C'est vrai que ce populisme ronge les campagne. Ils se disent: 'est-ce qu'on ne va pas être oubliés, abandonnés?' Mais je suis moi-même issu d'un département rural agricole. Je sais ce que ça représente et je peux vous garantir que les agriculteurs, les ruraux ne seront pas oubliés", a-t-il promis.

Un discours contre le parti de Marine Le Pen dûment relayé par les syndicats agricoles mais qui a passablement agacé les agriculteurs du salon, qui auraient préféré qu'on parle plus d'agriculture, et moins de politique. Xavier Beulin, président de la puissante FNSEA, l'a martelé cette semaine. Bien sûr, il y a "un sentiment d'isolement, d'exclusion" dans le monde rural mais pour lui Marine Le Pen "vend beaucoup de peur" et de "rumeurs", notamment sur une sortie de l'euro. A la Coordination Rurale, certes "on prône de la régulation, du protectionnisme intelligent". Mais "on est des Européens convaincus" et "quand Marine Le Pen se revendique de nous, ça nous énerve", explique son président, Bernard Lannes

Sarkozy refuse de parler du FN

Après Alain Juppé et Bruno Le Maire mardi, Nicolas Sarkozy et François Fillon se sont rendus au Salon de l'Agriculture mercredi, sans pour autant se croiser. Pour l'ancien chef de l'Etat, pas question d'évoquer le Front national: "Moi le Front National ça ne m'intéresse pas. Ce qui m'intéresse c'est comment on apporte des réponses à une ruralité qui ne veut pas mourir", assure-t-il. Marine Le Pen, "je ne veux pas parler d'elle", a-t-il ajouté, "je veux parler des agriculteurs et de l'agriculture".

Quant à François Fillon, il est venu au Salon de l'Agriculture "pour dire aux agriculteurs que le projet politique que nous défendons consiste d'une certaine manière, pour paraphraser Georges Pompidou, à moins les emmerder". En deux jours, tous les ténors de l'UMP se sont rendus à la Porte de Versailles.

Opération séduction pour Marine Le Pen

La présidente du FN Marine Le Pen a bien entendu elle aussi arpenté le salon toute la journée jeudi, lors d'une visite en forme d'opération séduction. Elle s'est fixé pour objectif d'y rester 9 heures, soit une heure de plus que François Hollande. A un mois des départementales, le vote FN pourrait trouver un terreau fertile dans le monde rural. Selon le dernier sondage Ifop publié lundi, le FN y recueille 41% d'intentions de vote.

"C'est la ruralité qui vote FN, pas le monde paysan", s'est agacé Jean-Luc Poulain, le président du Salon rappelant : "heureusement qu'on a l'Europe pour avoir cette agriculture performante".

La dirigeante d'extrême droite propose une re-nationalisation de la politique agricole commune, alors que l'agriculture reste le premier poste de dépenses de l'Union européenne.

A. D. avec AFP