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Le salaire des patrons du public plafonnéà 450 000 euros

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Les salaires des patrons des entreprises publiques seront plafonnés à 450 000 euros par an, a annoncé mercredi le ministre de l’Économie Pierre Moscovici. Un décret sera pris fin juillet pour une application « dès cette année ou en 2013 » a précisé le ministre.

Les rémunérations des "mandataires sociaux" dans les entreprises publiques seront plafonnées à 450 000 euros annuels (soit 37 500 euros par mois) dès cette année ou l'an prochain selon les sociétés, a annoncé mercredi le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici. Le ministre a précisé qu'un décret serait pris d'ici fin juillet pour limiter le cumul des rémunérations fixes et variables à 20 fois celle des plus bas salaires.
Moins d'une vingtaine de "mandataires sociaux" dépassent actuellement le plafond de 450 000 euros annuels, a-t-on précisé à Bercy. Concernant par ailleurs les rémunérations supplémentaires telles que les stocks options, les parachutes dorés et retraites chapeau, « un projet de loi sera soumis à la représentation nationale à l'automne », a précisé M. Moscovici.

« Moraliser les entreprises publiques »

Le ministre a expliqué cette décision par la nécessité selon lui de « moraliser les entreprises publiques » et en vertu « d'exigences de justice, de transparence et d'exemplarité », à une époque où « le pouvoir d'achat de beaucoup de Français est en difficulté ». « Gagner 450 000 euros par an ne me paraît pas dissuasif si on veut avoir à la tête de nos entreprises des hommes et des femmes de qualité », a-t-il déclaré à l'issue du Conseil des ministres, auquel il a présenté une « communication » sur ce sujet.
Le nouveau dispositif s'appliquera à l'ensemble des entreprises publiques détenues majoritairement par l'Etat, comme EDF, Areva, La Poste, la SNCF ou la RATP. « Cela représente 50 entités et 70 dirigeants », a précisé la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, lors du compte rendu du conseil. Seront aussi concernées une vingtaine de filiales - les plus importantes - de ces entreprises. Concrètement, la baisse sera importante pour les patrons concernés. -36% pour Pierre Graf, patron d’Aéroports de Paris. -40% pour Jean-Paul Bailly, à la tête de La Poste, qui touche aujourd’hui 630 000 euros. Moitié moins de salaire pour Luc Oursel le patron d’Areva. Enfin, la plus grosse baisse sera consentie par Henri Proglio, patron d’EDF, qui touche aujourd’hui 1,5 millions d’euros et qui verra son salaire fondre de 69%.

Un effet domino sur les hauts salaires

« Là où l'Etat n'est pas majoritaire, je donnerai des instructions fermes à nos représentants pour qu'ils portent les mêmes exigences », a-t-il précisé, se disant confiant que la voix du gouvernement serait « soutenue par les autres actionnaires ».
Le plafond a été fixé sur la base d'une moyenne des salaires des 10% les plus bas, calculé sur un échantillon d'une quinzaine d'entreprises publiques, a-t-on expliqué à Bercy. Mais d'autres responsables que ceux qui dépassent actuellement le plafond verront aussi leur rémunération baisser, a précisé la même source, car il faudra recréer une hiérarchie afin qu'il n'y ait pas trop de dirigeants d'une même entreprise exactement au plafond. « Cela s'appliquera progressivement dans les douze mois, à mesure qu'on traitera des questions de rémunérations dans les organes de gouvernance des différentes entreprises », a poursuivi cette source.

La Rédaction avec AFP