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Le portable, un rituel de passage de l'enfance à l'adolescence

Sous la pression, certains parents achètent des portables à leurs enfants de plus en plus tôt. Une décision symbolique à ne pas prendre à la légère puisque des dangers existent.

C'est une façon de rentrer dans le moule de la société. L'achat d'un portable à son enfant est un rituel de passage de l'enfance à l'adolescence mais aussi une manière de faire comme les autres et s'intégrer. Aujourd'hui, certains mineurs en possèdent un alors qu'ils ne sont même pas encore entrés au collège.

"Je fais beaucoup plus grande"

Les enfants se sentent obligés d'avoir un téléphone portable. Réseaux sociaux, appels, messages, ils ont besoin de s'en servir pour rester connectés au monde qui les entourent, une envie qui survient de plus en plus tôt.

"En CM2, tout le monde en avait un sauf moi. Quand j'ai eu mon premier téléphone à l'âge de 12 ans, j'étais vraiment la dernière de ma classe", se plaint une jeune fille.

Faire comme les autres, c'est le point clé pour Tiphaine, 12 ans. Cette collégienne voit dans la possession de son outil connecté une preuve de son entrée dans l'adolescence. "Je trouve que je fais beaucoup plus grande quand j'ai un portable", explique-t-elle.

Des parents qui cèdent sous la pression

Les enfants savent comment agir avec leurs parents pour obtenir un portable et leur mettent une véritable pression. "Ils veulent être de plus en plus connectés, ils ont des grands frères et des grandes sœurs (…) c'est un rituel", selon Justine Atlan, la directrice de l'association e-Enfance. Pour elle, les parents "sont trop faibles et ont une espèce de pression sur tout ce qui est numérique, les jeux vidéo, les portables, les tablettes". Une affirmation confirmée par Valérie, maman, qui veut constamment savoir où se dirige son enfant grâce à la géolocalisation et aux appels.

Pour Michael Stora, psychologue, les adultes souhaitent surtout "surveiller leur ado" alors que ce dernier "l'utilise comme un outil d'autonomisation". Une situation "quasiment schizophrénique" qui devrait s'effacer pour laisser place à la confiance et à la fixation de limites.

Les risques à ne pas négliger

Les parents doivent fixer certaines limites avec leurs enfants afin de ne pas être confrontés à des problèmes tels que des manques de concentration ou une baisse d'activité. "Ça devient le loisir numéro 1", avertit Justin Atlan avant d'affirmer que "ça va les éloigner de leurs parents puisqu'on leur parle et qu'ils ne répondent pas".

"Ils veulent faire plaisir à leurs enfants et y trouvent leur compte puisqu'il y a aussi des moments où ça les arrange bien de les laisser s'occuper sur ces écrans et pouvoir être tranquille", déclare-t-elle.

"Il y aussi des risques liés aux réseaux sociaux, aux prédateurs sexuels, au cyberharcèlement", poursuit la directrice, prévenant des moqueries, des humiliations et insultes qui peuvent s'avérer être "très nocives".

Le donner que quelques heures, le confisquer avant de dormir, il existe une multitude de solutions pour éviter aux enfants de devenir accros.

Julie Breon avec Margaux de Frouville et Elsa Jirou