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Le Parisien reconnait une "erreur" après sa une sur le "monde d'après" raconté par des hommes

La Une du Parisien, le dimanche 5 avril 2020.

La Une du Parisien, le dimanche 5 avril 2020. - -

Avec quatre hommes pour raconter "le monde d'après", post-confinement, le quotidien a créé la controverse. Avant de devoir s'en expliquer et de reconnaître "une erreur" et "une maladresse".

Alors que le déconfinement est sur toutes les lèvres, Le Parisien dans son édition de ce dimanche aborde "le monde d'après". A la une, le sujet est mis en avant. Et ce "monde d'après" est raconté par quatre hommes. Cette une a fait réagir ce dimanche matin et a créé la polémique sur le manque de diversité dans ce récit de l'après crise sanitaire.

"Quatre hommes blancs racontent le monde d'après? Sérieusement?", interpelle la députée européenne Aurore Lalucq. "Désolée de vous décevoir mais dans le monde d'après il y aura des femmes", tweete également l'économiste Julia Cagé. 

Les femmes mobilisées contre l'épidémie

D'autres ont préféré relever l'ironie. "Doit-on comprendre que dans 'Le monde d'après' il n'y aura plus de femmes? Ou alors c'est parce qu'elles étaient trop occupées pour être interviewées, vu qu'elles sont nombreuses à être en première ligne...", fait mine de s'interroger Katia Lefeuvre, maire-adjointe de Villennes-sur-Seine.

"Dans les hôpitaux, dans les Ehpad, dans les supermarchés, dans les commerces, dans les laboratoires, dans l'enseignement, les femmes sont en première ligne! Le 'monde d'après' ne se construira pas sans elles!", abonde dans son sens Constance Le Grip, députée LR des Hauts-de-Seine. 

Depuis le début de la crise sanitaires, les femmes sont effectivement en première ligne dans la lutte contre le coronavirus. Infirmières, caissières, aides-soignantes, femmes de ménage... ce sont des professions extrêmement féminisées qui sont les plus exposées, avec parfois une forte proportion de femmes issues de l'immigration. 

"Une maladresse" pour le directeur de la rédaction

Face à ce tollé, le quotidien a dû s'en expliquer. "Vous avez été nombreux ce matin à critiquer et relayer la Une de notre journal où 'le monde d'après' était exclusivement dessiné par des hommes. Vous avez raison", reconnaît le directeur de la rédaction Stéphane Albouy sur Twitter, parlant d'une "maladresse qui n'illustre en rien la ligne éditorial" du journal. 

"Cette erreur est pour nous un rappel à l'ordre et à la vigilance", écrit-il encore.

Pourtant de nombreuses initiatives existent pour plus de diversité dans les médias, comme le site Les Expertes, qui recense de nombreuses femmes spécialistes, rappelle le collectif des femmes journalistes du Parisien

"Cette Une est une claque", écrivent-elles dans un communiqué. "Un regrettable retour en arrière alors que nous pensions avoir franchi un cap." 

"Il est de notre devoir d'aller chercher des voix différentes, qui reflètent la réalité d'aujourd'hui, et encore plus, celle de demain", affirme le collectif.

Camille Sarazin