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Le mystérieux magot de Michel Fourniret

Payé cash en 1989, ce chateau des environs de Sedan a été utilisé par Fourniret pour enterrer les corps de deux victimes

Payé cash en 1989, ce chateau des environs de Sedan a été utilisé par Fourniret pour enterrer les corps de deux victimes - -

Michel Fourniret a été propriétaire d’un château, isolé dans les Ardennes, payé cash devant notaire en 1989 ! A l’origine de ce titre de propriété, une rocambolesque histoire qui lie le tueur en série au célèbre gang des postiches.

Fourniret et ses connaissances en prison
Dans les années 80, un gang de braqueurs a mis toutes les polices de France sur les dents : le gang des Postiches. Ces braqueurs, costumés et masqués ont amassé un magot considérable avant leur arrestation. C’est lors de son premier séjour en prison que Michel Fourniret rencontre un certain Jean-Pierre Hellegouarch. Celui-ci sait, via un ancien détenu Gian Luigi Esposito (évadé d’une prison romaine avec deux « postiches ») où se trouve le trésor. Jean-Pierre Hellegouarch incarcéré pour encore plusieurs années, confie donc à l’époque la mission de récupérer le magot des postiches à sa compagne, Farida Hamiche, et à Michel Fourniret, son ancien compagnon d’incarcération, désormais libre.

Le magot des postiches
En mars 1988, ils vont tous les deux déterrer environ 50 kilogrammes d’or dans un cimetière de la région parisienne puis cacher ce butin dans l’appartement de Farida. Quelques mois plus tard, Michel Fourniret décide de tuer Farida Hamiche pour récupérer le magot. Il se rend chez elle accompagné de Monique Olivier. Il emmène la compagne de Hellegouarch en balade, l’étrangle et laisse son corps dans un fossé, en forêt de Rambouillet. « Il n'y a eu aucun aspect sexuel, il s'agissait seulement d'un transfert de propriété », expliquera-t-il plus tard aux enquêteurs. Restée dans l’appartement, Monique Olivier « pique tout le pognon », laissant l’équivalent de 200 à 300 000 francs en « pourboire » à Jean-Pierre Hellegouarch qui les découvrira à sa sortie de prison.

Un chateau acheté cash
En Belgique, le couple Fourniret se fait payer les lingots chez un agent et les pièces chez un numismate. C’est donc avec cet argent « 600 à 800 millions d’anciens francs » que Michel Fourniret et Monique Olivier achètent cash chez le notaire, le château du Sautou dans les Ardennes en janvier 1989. Aurélia Manoli est retournée pour RMC dans ce château situé près de Sedan. C’est un endroit coupé du monde. Impossible de s'y rendre sans les indications des gens du cru. Au bout de 3 km d'un chemin de terre boueux et cahoteux, il est là, planté au milieu d'une énorme forêt de sapins, majestueux avec ses deux tourelles et sa façade de pierre jaune qui brille au soleil. Un panneau Propriété privée borde la fin du chemin. L'endroit est occupé par un couple belge qui l'a racheté en 2004 comme résidence secondaire, quelques mois avant que l'affaire Fourniret n'éclate au grand jour. « Nous n'avons rien à voir avec l'affaire » lancent-ils en guise d'accueil, « c'est vraiment très triste ce qui est arrivé ». Pour mémoire Fourniret y a enterré le corps de deux victimes, Jeanne Marie et Elizabeth, jeunes femmes qu'il a d'abord violées dans une autre de ses résidences, à Floing, à quelques kilomètres de là. Jocelyne Cadé était sa voisine, le couple vivait au fond de son jardin, dans une remise entièrement retapée par Michel Fourniret. Aujourd'hui, elle ne supporte plus la simple évocation de cet endroit. Il faut dire que Michel Fourniret a longtemps donné l’image d’un homme ordinaire : ses crimes sont passés inaperçus aux yeux de tous ses voisins pendant près de 16 ans…

Charles Magnien avec Aurélia Manoli