BFMTV

Le Motilium, l'anti-vomitif qui serait responsable de dizaines de morts

-

- - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

La revue indépendante Prescrire réclame le retrait du marché par les autorités sanitaires européennes, d'un médicament utilisé contre les nausées et vomissements, le Motilium, qui serait responsable de 25 à 123 morts subites en 2012.

Faut-il retirer le médicament Motilium du marché ? C'est ce que réclame la revue médicale Prescrire, dans son dernier numéro. Selon elle, la molécule utilisée dans ce médicament, la dompéridone, serait responsable de 25 à 123 morts subites (suite à un arrêt cardiaque) rien que pour l'année 2012.

La dompéridone est un neuroleptique utilisé contre les nausées et les vomissements bénins, notamment dans le cas des gastro-entérites. 3 millions de Français en auraient consommé en 2012 selon la revue, qui s'appuie sur des données de l'Assurance maladie.

La molécule possède des effets indésirables bien connus par les professionnels de santé. En 2011, l'agence française du médicament alertait déjà les médecins et les pharmaciens sur les risques de mort subite chez le nourrisson comme chez l'adulte.

"Pourquoi cela n'a pas été fait avant?"

Jusqu'à aujourd'hui, l'autorité française n'a jamais décidé de retirer le Motilium du marché. L'ANSM dit attendre une recommandation de l'agence européenne du médicament qui doit être rendue le mois prochain. En attendant, elle appelle à ne pas céder à la panique. Sans confirmer ni démentir, les 25 à 123 morts potentiellement liées à ce médicament en 2012.

Pour le Docteur Bernard Bégaud, pharmacologue, chercheur à l’Inserm de Bordeaux,c'est aux autorités sanitaires de prendre une décision. "Cela fait plus de 10 ans qu’on sait que ce médicament présente des risques", confirme-t-il. "Tout médicament est dangereux, la question est de savoir si celui l’est plus qu’un autre, de savoir si le rapport bénéfice/risque est particulièrement défavorable. C’est aux autorités sanitaires de trancher. Pourquoi cela n’a pas été fait avant ? Cela reste un mystère."

La Rédaction avec Jean-Baptiste Durand