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Le meurtrier d'un diamantaire avoue les faits 17 ans après

En 2011, en première instance, Nissim Kakon avait été reconnu coupable de meurtre avec préméditation, et condamné à 25 ans de prison.

En 2011, en première instance, Nissim Kakon avait été reconnu coupable de meurtre avec préméditation, et condamné à 25 ans de prison. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Condamné en première instance, Nissim Kakon, négociant en diamants, avait toujours nié avoir tué Roger Szumeraj, un diamantaire parisien avec qui il travaillait. Lundi, il a avoué avoir "menti".

"J'ai menti." Nissim Kakon, condamné en 2011 pour le meurtre du joaillier Roger Szumeraj le 2 mai 1997, a reconnu pour la première fois les faits, lundi, à l'ouverture de son procès en appel devant la Cour d'assises de l'Essonne.

"Je reconnais les faits qui me sont reprochés." Dès les premières minutes de son procès, ce négociant en diamants a avoué le meurtre de "Roger Super", surnom du diamantaire, dans son atelier parisien.

L'homme de 54 ans avait été retrouvé mort dans son atelier rue Lafayette, dans le 10e arrondissement de Paris. Il avait été tué de trois balles au visage et à la poitrine, et deux boîtes contenant des pierres précieuses avaient disparu.

Dix ans en Israël

Or Roger Szumeraj avait rendez-vous ce jour-là avec Nissim Kakon, pour régler un conflit autour d'un diamant de 171.600 dollars (152.450 euros). "Roger Super" avait confié la gemme au négociant pour qu'il le vende place Vendôme. Mais le courtier ne lui aurait jamais remis l'argent.

Le soir du drame, Kakon fuyait au Maroc puis en Israël où il allait rester vivre pendant 10 ans, avant d'être rattrapé par l'affaire et d'être extradé vers la France. Condamné par défaut en décembre 2006 à 30 ans de prison, il avait écopé de 25 ans de prison lors de son procès en première instance en mai 2011.

Toujours, il avait nié les faits. Quelques jours après le drame, il avait appelé sa femme et lui avait confié avoir assisté au meurtre de Roger Szumeraj, selon lui perpétré par "un jeune coursier".

Des remords? "Et comment!"

Et puis, ce lundi, Nissim Kakon a avoué à la Cour "vivre très mal cette chose". "Cette chose?" a interrogé la présidente. "Vous parlez des faits?" "Oui, de ce qui s'est passé en 97." Après plusieurs heures d'audience, quand on l'interroge sur ses remords, l'homme de 65 ans lâche enfin: "et comment!"

Quelques mots qui ont suffi au "soulagement" de Nicole, la veuve de Roger Szumeraj. "C'est très décevant de voir quelqu'un condamné sans aveux. Au moins, maintenant, j'ai un assassin...", a-t-elle réagi.

La préméditation - c'est-à-dire ce qui fait d'un meurtre un assassinat - est pourtant la seule chose que Nissim Kakon ne reconnaît pas, a souligné son avocat, Jean-Yves Liénard. Une nuance d'importance: si l'assassinat est reconnu, l'homme risque la perpétuité. Dans le cas contraire, sa peine peut être réduite.

La rédaction