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Le génome des "super-centenaires" décrypté

Olympe Amaury, vice-doyenne des Français, photographiée en juillet 2013, à 112 ans.

Olympe Amaury, vice-doyenne des Français, photographiée en juillet 2013, à 112 ans. - Alain Jocard - AFP

Non, les centenaires ne sont pas des mutants. Telle pourrait être la conclusion d'une étude génétique menée sur une vingtaine de personnes qui ont dépassé l'âge honorable de 110 ans.

Le secret des gens les plus vieux du monde n’est toujours pas percé. Des scientifiques américains ont passé au crible le génome de 17 "super" centenaires, sans trouver de variation génétique qui expliquerait leur longévité. 

Partant du constat que les frères et sœurs, les parents et descendants de centenaires vivent, eux-aussi, bien au-delà de la moyenne, des chercheurs de l’université de Stanford, en Californie se sont interrogés sur de possibles variantes génétiques qui expliqueraient cette longévité. D’autant qu’a priori les choix de vie concernant le tabac, l’alcool, les régimes alimentaires ou l’exercice physique ne semblent pas avoir d'impact sur la longévité des "super-centenaires".

 17 génomes décryptés

Ils ont publié ce mercredi dans PLOS One, une étude détaillant le séquençage du génome de ces 17 hommes et femmes qui ont été âgés de plus de 110 ans. Les sujets sont décédés à 112 ans en moyenne et celui qui a vécu le plus longtemps est une femme, morte à l'âge de 116 ans alors qu’elle était la doyenne de l’humanité. A l’heure actuelle, il reste 74 grands centenaires, dont 22 aux Etats-Unis. 

La majorité des analyses ont été réalisées sur le génome de 13 femmes blanches, afin de travailler sur des cas proches, puis comparées avec un panel de plusieurs centaines de génomes plus jeunes. Les génomes d’un homme, de deux Latino-américaines, et d’une Afro-américaine seront étudiés plus en détails ultérieurement. Les scientifiques, dirigés par Hinco Gierman, cherchaient en priorité des gènes qui pourraient modifier des protéines, notamment le gène TSHZ3, en vain. L’une des femmes avait bien une mutation génétique liée à une pathologie cardiaque, mais qui n’a vraisemblablement pas eu de conséquences importantes sur sa santé.

Des personnes alliant forme physique et mentale

"Nos analyses montrent qu’il est très peu probable qu’un seul gène (…) soit partagé par tous les super-centenaires mais aucun sujet de la population de contrôle", conclut l’étude qui estime que ce résultat n’est "pas surprenant" au vu de la complexité des critères qui entrent en ligne de compte. En résumé: des modifications génétiques pour expliquer les centenaires? Ce n'est pas impossible mais pour l'heure, rien ne le prouve.

En revanche, les chercheurs ont pu observer que les super-centenaires étaient en moyenne moins touchés par de nombreuses maladies liées à l’âge, mais aussi par les cancers et les problèmes cardiovasculaires. Un seul des sujets de l’étude a eu un cancer et un autre était touché par Alzheimer. La plupart de ces super-centenaires était en très bonne forme physique et mentale. L’un a par exemple exercé son métier de pédiatre jusqu’à 103 ans alors qu’un autre a conduit jusqu’à ses 107 ans.

Les scientifiques ne désespèrent pas de s'expliquer un jour comment ils sont parvenus à un âge si avancé et concluent: "les super-centenaires sont très rares et leur génome pourrait bien détenir les secrets génétiques de la longévité extrême".

Secret ou pas, selon le Bureau du recensement, un Américain sur cinq aura plus de 65 ans d'ici 2050, et au moins 400.000 seront alors centenaires.

Aurélie Delmas