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Le général Paul Aussaresses est mort à l'âge de 95 ans

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Connu pour son recours à la torture durant la guerre d'Algérie, le général Aussaresses est mort. Ses obsèques auront lieu le mardi 10 décembre 2013 à La Vancelle (67730) à 14h00, affirme une association de vétérans.

Le général Paul Aussaresses, qui avait clairement assumé son comportement de tortionnaire durant la guerre d'Algérie, est décédé à l'âge de 95 ans, a annoncé mercredi sur son site l'association d'anciens parachutistes "Qui Ose gagne".

L'association n'a pas précisé la date du décès mais dit que le général Aussaresses était "hospitalisé depuis quelque temps". Le général Aussaresses avait été condamné en 2004 pour apologie de la torture et exclu de l'ordre de la Légion d'honneur.

Ses obsèques auront lieu le mardi 10 décembre 2013 à La Vancelle (67730) à 14h00 (regroupement à l’église paroissiale) selon le site Vétérans jobs center.

En Indochine puis en Algérie

Paul Aussaresses entre comme élève officier à L'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr (transférée à Aix-en-Provence), puis intègre les services secrets dans les commandos Jedburgh: il est parachuté dans l'Ariège en août 19454. Le jeune lieutenant participe à la fondation du bras armé du Service action du SDECE, le 11e bataillon parachutiste de choc, don il prend le commandement en mai 1947.

Il sert d'abord en Indochine, avant de rejoindre l'Algérie dans la 41ème demi-brigade comme oficier de renseignement. Après la guerre, il enseigne les techniques de contre-insurrection à Fort Bragg, aux États-Unis, avant d'être promu colonel et d'être nommé à la section française de l'état-major international de l'OTAN. Il est ensuite nommé attaché militaire au Brésil en 1973 durant la Dictature militaire au Brésil, où il enseigne au CIGS de Manaus. Aussaresses a travaillé par la suite comme vendeur d'armes pour l'entreprise Thomson.

Aveux sur la torture

Le 23 novembre 2000, il apparait aux côtés du général Jacques Massu, dans les colonnes du Monde, afin de témoigner officiellement de l’existence de la torture pendant la guerre d’Algérie. Six mois plus tard, dans "Services spéciaux, Algérie 1955-1957" (éditions Perrin), Aussaresses explique qu'il a torturé et procédé à des liquidations sommaires durant la guerre d'Algérie. Un mois après ces révélations, la sanction tombe: il est placé "d'office d'office en position de retraite par mesure disciplinaire" rapporte Libération. Sa légion d'honneur lui sera retirée, une blessure confie-t-il au journaliste Jean-Charles Deniau selon Rue 89.

A 90 ans, le général Aussaresses confiait ses "ultimes révélations au service de la France" dans un livre d'entretiens au titre choc, "Je n'ai pas tout dit" publié aux éditions du Rocher: dans les années 1970, le GIAT (Groupement Industriel des Armements Terrestres) a versé une commission conséquente à Klaus Barbie dans le cadre d'une vente d'armes à la Bolivie et confirme également l'assassinat sur ordre de l'opposant camerounais Félix Moumié15.