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Le Front national usera de sa capacité de nuisance

Le Front national, qui a obtenu 13,6% des voix au premier tour des élections législatives, se maintiendra en principe dans la soixantaine de circonscriptions où il est présent au second tour et appellera à faire battre des candidats jugés "nuisibles". /Ph

Le Front national, qui a obtenu 13,6% des voix au premier tour des élections législatives, se maintiendra en principe dans la soixantaine de circonscriptions où il est présent au second tour et appellera à faire battre des candidats jugés "nuisibles". /Ph - -

Le Front national, qui a obtenu 13,6% des voix au premier tour des élections législatives, se maintiendra en principe dans la soixantaine de circonscriptions où il est présent au second tour et appellera à faire battre des candidats "nuisibles".

Le Front national, qui a obtenu 13,6% des voix au premier tour des élections législatives, se maintiendra en principe dans la soixantaine de circonscriptions où il est présent au second tour et appellera à faire battre des candidats «nuisibles».
Le parti de Marine Le Pen espère faire rentrer dimanche prochain une poignée d'élus à l'Assemblée nationale, ce qui serait une première depuis 26 ans. Les sondages lui prédisent de 0 à 3 députés mais ses candidats vont tenter de forcer le sort dans une demi-douzaine de circonscriptions. Dans les Bouches-du-Rhône et le Gard, deux candidats UMP ont dit hésiter à s'effacer au profit du FN, ouvrant une brèche dans le refus d'alliance prôné à l'échelon national. «Le principe est le suivant : nous nous maintiendrons évidemment dans toutes les circonscriptions où nous sommes arrivés au second tour», a déclaré Marine Le Pen lors d'un point de presse. Elle ajouté qu'elle expliciterait en fin de journée «les cas particuliers où nous aurions décidé de donner des consignes de vote différentes de celles qui consistent à ne se tourner ni vers l'UMP, ni vers le Parti socialiste». La présidente du FN a déjà cité l'UMP Georges Tron, «que j'ai classé dans la catégorie des affreux et dont j'espère la défaite (...) dans l'intérêt supérieur de la France». L'élu, qui a été mis en examen l'année dernière pour viol et agressions sexuelles, est arrivé loin derrière le candidat socialiste dans la 9e circonscription de l'Essonne. Sur BFMTV, Marine le Pen a confirmé qu'elle appellerait à faire battre l'UMP Nathalie Kosciusko-Morizet, en ballottage face au PS dans la 4e circonscription de l'Essonne. L'ex-ministre de l'Ecologie avait appelé à voter PS en cas de duel UMP-FN et fustigé le Front national dans un livre.

Le cas Morano pas tranché

Interrogée sur l'ex-ministre UMP Nadine Morano, menacée dans sa circonscription de Toul (Meurthe-et-Moselle) et qui n'a eu «aucun état d'âme» à en appeler aux électeurs frontistes, Marine Le Pen a dit que le cas n'était pas tranché.
«Madame Morano a été touchée par la grâce, probablement», a-t-elle ironisé, soulignant que cette proche de Nicolas Sarkozy n'avait «pas été économe en insultes» à l'égard de son parti. «Je me souviens de la période des parrainages, pendant laquelle nombre de dirigeants de l'UMP considéraient normal que nous ne soyons pas présents», a-t-elle ajouté. Le «Rassemblement bleu Marine» s'est qualifié pour le second tour dans une soixantaine de circonscriptions sur 577. Il y aurait 32 triangulaires et 29 duels avec le FN (dont 20 avec la gauche), selon des chiffres encore officieux. Pour avoir des élus, les espérances du FN portent en premier lieu sur la 11e circonscription du Pas-de-Calais, où Marine Le Pen est arrivée en tête (42,36%) devant le PS Philippe Kemel (23,50%), éliminant le leader du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon (21,48%). Steeve Briois, suppléant de la présidente du FN, mise sur une démobilisation de l'électorat de Jean-Luc Mélenchon, «qui est un peu déboussolé». Un sondage «montre également que 20% de ses électeurs se reportent sur nous, ce n'est pas négligeable. D'autres n'auront pas envie d'arbitrer entre Marine Le Pen et le PS», prédit-il.

Collard en tête dans le Gard

Marine Le Pen a raillé son adversaire socialiste. «Il a été pendant la campagne un candidat transparent, il sera un élu invisible, inodore, incolore et sans saveur et serait un député sans portée et donc inutile», a-t-elle dit.
Les regards se tourneront aussi vers la 2e circonscription du Gard où l'avocat Gilbert Collard est arrivé en tête (34,57%) au coude-à-coude avec la socialiste Katy Guyot (32,87%). L'UMP Etienne Mourrut (23,89%) a dit «hésiter» à se maintenir, ce qui ferait le jeu de Gilbert Collard. Marion Maréchal-Le Pen, 22 ans, petite-fille de Jean-Marie Le Pen, a créé la surprise en arrivant en tête dans la 3e circonscription du Vaucluse (34,63%) devant l'UMP Jean-Michel Ferrand (30,03%). La PS Catherine Arkilovitch reste en lice (21,98%) mais la réserve de voix à gauche est faible (7,76%). Florian Philippot, le directeur stratégique de campagne de Marine Le Pen, aura une carte à jouer dans la 6e circonscription de la Moselle. Arrivé deuxième (26,34%), cet ex-chevènementiste affrontera en duel le socialiste Laurent Kalinowski (37,45%) et mise sur de bons reports de l'électorat UMP. Dans cette circonscription, Marine Le Pen était arrivée en tête au premier tour de la présidentielle (29,78%). Mais Florian Philippot a dû faire face à la candidature dissidente d'Eric Vilain, investi en 2007 par le FN, qui n'a finalement récolté que 4% des voix. Aux Saintes-Marie-de-la-Mer (Bouches-du-Rhône), la FN Valérie Laupies (28,98%) mise sur un retrait de l'UMP Roland Chassain (22,62%), hésitant lui aussi à se maintenir, pour battre le PS sortant Michel Vauzelle (38,40%).