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Le BTP français face à la concurrence espagnole

Avec la crise en Espagne, beaucoup de professionnels du secteur du bâtiment viennent chercher du travail en France.

Avec la crise en Espagne, beaucoup de professionnels du secteur du bâtiment viennent chercher du travail en France. - -

Le congrès annuel de la fédération nationale du bâtiment s'ouvre ce jeudi pour deux jours à Perpignan. Au centre des discussions : l'inquiétude des entreprises de BTP françaises face aux concurrentes espagnoles accusées de casser le marché.

Avec la crise en Espagne, beaucoup de professionnels du secteur du bâtiment viennent chercher du travail en France, de l'autre côté des Pyrénées. Un phénomène visible depuis quelques mois en Aquitaine et en Languedoc-Roussillon.

« En Espagne, c'est compliqué »

« Ici, c’est plus intéressant pour nous. Il y a un marché, du boulot. En Espagne c’est compliqué », confie un artisan espagnol, spécialisé dans la taille de la pierre. Lui et ses trois salariés travaillent en France pour Michel Marty qui a fait appel à cette petite société pour la construction de son lotissement. Parmi les arguments : des prix plus compétitifs. « Quand on a tout ajouté, il y a quand même une différence. Sur la pierre nous pouvons arriver à trouver 20% à 30% de moins », explique Michel Marty.

Manque à gagner : 12 millions d'euros

Si cette migration ibérique profite à certains, d’autres, la concurrence en particulier, ne s’en réjouissent pas. Avec une TVA à 18% et des charges réduites difficile de lutter. « Nous sommes autour de 40% de charges en France et eux sont autour de 20% », peste Pierre Bataille, plombier dans le secteur.
Certains ont sorti leurs calculettes : en un an, le manque à gagner est estimé à 12 millions d’euros dans le Grand Sud-Ouest pour le seul secteur des travaux publics.

« Une baisse de l’activité assez importante »

Michael Bastazi est charpentier à Formiguères, près de Font-Romeu à la frontière franco-espagnole. Il estime que les Français ne sont pas compétitifs face aux Espagnols qui arrivent en masse à la frontière : « Beaucoup de devis sont comparés avec les devis espagnols qui sont bien moins cher de 30%, 40%, voire 50%. Ça peut aller jusqu’à 60% pour une charpente globale. Chez mon ancien employeur, on avait déjà senti les conséquences. Quand on compare la France et l'Espagne, l’Espagne l’emporte souvent. Pour nous, c'est une baisse de l’activité assez importante, surtout sur le gros œuvre. A terme, ça peut entraîner des licenciements avant des fermetures. C’est l’effet domino ».

La Rédaction avec Jean-Wilfried Forquès