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Lait contaminé: une association de victimes conteste les chiffres du gouvernement

Si les autorités évoquent le chiffre de 35 bébés malades, l'association des familles de victimes du lait contaminé recense "au moins 200 malades et au moins 60 hospitalisations".

Alors que l’affaire Lactalis n’en finit plus de prendre de l’ampleur, l’exécutif a décidé de monter au créneau ce jeudi midi. Devant la presse, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a dénoncé une "affaire grave" qui devra donner lieu à des sanctions.

Le locataire de Bercy a notamment affirmé que, sur 2500 points de vente contrôlés, 91 contenaient des produits Lactalis qui auraient dû être retirés de la vente (30 grandes surfaces, 44 pharmacies, 12 hôpitaux, 3 grossistes et 2 crèches) et 2500 nouveaux contrôles seront effectués la semaine prochaine. 

Combien de victimes?

Au total, les autorités, représentées par Santé publique France, ont recensé 35 nourrissons atteints de salmonellose et ayant consommé un lait ou un produit d'alimentation infantile de l'usine Lactalis de Craon (Mayenne). Dix-huit nourrissons ont été hospitalisés, mais tous sont sortis de l'hôpital, selon la même source.

Un chiffre erroné selon l’association des familles victimes du lait contaminé qui évoque une réalité bien différente:

"J’ai reçu plus de 3000 mail à l’heure où je vous parle. Sur les 1000 premiers mails, j’ai au moins 200 enfants malades et au moins 60 hospitalisations. Il y a des cas pour lesquels le pronostic vital peut être engagé", a affirmé sur notre antenne Quentin Guillemain, président de l’association.

"Tout le monde est responsable"

Si Bruno Le Maire estime que l’industriel est le seul responsable, Quentin Guillemain défend, lui, un tout autre point de vue: "On voit bien que de bout en bout que dans cette affaire, tout le monde est responsable. Lactalis est responsable, l’État est responsable parce que l’information n’est pas disponible. Il suffit de voir ce qu’a dit le ministre de l’Économie ce matin pour voir que l’information n’était pas disponible", a-t-il déploré.

Et le président de l’association des familles victimes du lait contaminé de tirer la sonnette d’alarme en invoquant également la responsabilité des grandes surfaces et "pire que ça, des services publics". "On parle d’hôpitaux, de crèches, qui continuent à donner ce lait. Dans quel monde on vit? On continue d’intoxiquer nos enfants, y compris dans les services publics", a-t-il lâché.

Quentin Guillemain a en effet indiqué recevoir des "témoignages de parents" lui assurant qu’"ils trouvaient encore ce type de lait" dans les hôpitaux et les crèches. Malgré les annonces du ministre de l’Économie, il a demandé au gouvernement d’en faire davantage, expliquant "que les contrôles, ça ne (leur) suffit pas" et jugeant que les 2500 contrôles déjà effectués "ont été défaillants". "Ce n’est pas suffisant comme réponse", a-t-il conclu.

Paul Louis