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La Seine-Saint-Denis finance des chambres d'hôtel pour éloigner les conjoints violents

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- - LUDOVIC MARIN / AFP

Une dizaine de mesures d'éviction du conjoint ont été ordonnées par le tribunal de Bobigny depuis le début du confinement, selon une source proche.

Pour assurer la sécurité des femmes victimes de violences conjugales pendant le confinement, le département de la Seine-Saint-Denis en lien avec le tribunal de Bobigny, a décidé lundi de financer des chambres d'hôtel dans lesquelles les conjoints violents seront contraints de rester sur décision de justice.

"Dans la période de confinement, pour qu'une femme ait plus de chance d'être en sécurité, il faut évincer l'homme violent du domicile. C'est beaucoup plus compliqué pour une femme de partir avec ses enfants à l'hôtel", explique à l'AFP Ernestine Ronai, responsable de l'Observatoire départemental de Seine-Saint-Denis des violences envers les femmes.

"Avec cette nouvelle initiative, qui nous l'espérons sera déployée dans d'autres territoires, nous nous assurons de l'éloignement des conjoints violents lorsque la justice a prononcé leur éviction du domicile familial", indique Stéphane Troussel, président du département qui va prendre en charge le financement de 10 chambres d'hôtel pendant toute la période de confinement.

Des violences exacerbées par le confinement

Une dizaine de mesures d'éviction du conjoint ont été ordonnées par le tribunal de Bobigny depuis le début du confinement, selon une source proche.

Les violences conjugales ou intrafamiliales sont exacerbées avec le confinement, décidé par le gouvernement le 17 mars pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a affirmé jeudi que les violences conjugales avaient augmenté de 36% dans la zone de la préfecture de police de Paris, dont fait partie la Seine-Saint-Denis. 

Des "points d'accompagnement éphémères"

La secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a annoncé samedi l'installation de "points d'accompagnement éphémères" dans des centres commerciaux pour accueillir les victimes de violences conjugales, dont les déplacements sont limités et la prise en charge rendue compliquée par le confinement.

Il existe également en France une plateforme, arrêtonslesviolences.gouv.fr sur laquelle 24h/24, 7 jours/7, des policiers et des gendarmes formés prennent des signalements et peuvent déclencher des interventions en cas de violences conjugales.

F.B. avec AFP