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La présidente d'Autisme France répond aux critiques "ignobles" dont Greta Thunberg est la cible

Greta Thunberg lors d'un discours en faveur de l'écologie

Greta Thunberg lors d'un discours en faveur de l'écologie - AFP

Des critiques de plus en plus ciblées se multiplient de puis plusieurs semaines à l'encontre de l'adolescente.

Depuis le début de sa mobilisation pour le climat en 2018 devant le Parlement suédois, la popularité et l’influence de Greta Thunberg ne cessent de s’accroître. Cette année, après une visite à l’Assemblée nationale où elle a pu s’exprimer devant des députés français, l’adolescente de 16 ans a également pu, en septembre dernier, laisser éclater sa colère devant l’assemblée de l’ONU.

Pourtant, depuis plusieurs semaines, Greta Thunberg doit faire face à des opposants de plus en plus virulents. Critiques sur son message et la manière dont il est partagé tout d’abord, puis sur son âge, qui a poussé plusieurs élus français à boycotter sa venue au Palais-Bourbon. Mais aussi, dernièrement, des attaques liées au syndrome d’Asperger qui la touche.

Pas de maladie mentale ou psychiatrique

Dans une tribune publiée ce jeudi dans le quotidien Le Monde, Danièle Langloys, présidente d’Autisme France, revient sur ces attaques. Elle n'en est pas surprise.

"On accuse les autistes de ne pas avoir d’émotions depuis longtemps. Il est ignoble de nier l’humanité des personnes autistes. Bien sûr, elles ne sont pas extrêmement démonstratives, mais une personne qui n’exprime pas ses émotions de manière spectaculaire peut les ressentir de manière violente!", explique-t-elle.

Puis, la spécialiste revient sur le trouble dont souffre la jeune suédoise. Pour elle, l’adolescente se positionne "très haute dans le spectre autistique", ce qui signifie qu’elle "ne souffre pas d’une maladie mentale ou psychiatrique."

"Elle n’est pas du tout choquante ou même troublante dans son comportement social, elle est un peu rigide. C’est une adolescente comme une autre avec une particularité de fonctionnement", souligne encore Danièle Langloys.

"L'autisme fait peur"

Dans la suite de son entretien au quotidien, cette dernière assure que la France est encore très en retard en matière d’acceptation des handicaps.

"L’autisme fait peur: on ne sait pas accompagner les personnes autistes, on ne sait pas comprendre leurs problèmes", assure-t-elle, soulignant également que "les personnes autistes ont besoin d’un environnement organisé et planifié."

En guise de conclusion, Danièle Langloys prend en exemple le Québec, cette région canadienne où le handicap semble mieux accepté. "Dans les autres pays, on trouve normal de se déplacer avec une personne qui a besoin d’assistance depuis belle lurette. En France, on a beaucoup de retard sur la visibilité du handicap et particulièrement celle de l’autisme".

Hugo Septier