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La présence de sa mère soulage la douleur d'un bébé

L'étude pourrait donner des pistes pour soulager les bébés humains (illustration)

L'étude pourrait donner des pistes pour soulager les bébés humains (illustration) - Olexander Zobin - AFP

Oui, la présence d'une mère rassure. Mais pas seulement. D'après une étude américaine menée sur des rats, la proximité maternelle modifierait le fonctionnement cérébral d'un bébé qui souffre, apaisant ainsi la douleur de son petit.

Décidément, rien ne remplace une maman. La présence maternelle permettrait de réduire la douleur d’un bébé qui souffre en modifiant son activité cérébrale.

Une étude menée sur des rats au New York University Langone Medical Center et présentée à Washington le 18 novembre serait la première à démontrer les effets réels des soins maternels à court terme sur les nourrissons en situation de détresse.

La présence de la mère, "un paramètre majeur"

Une équipe de chercheurs américains a impulsé de légers chocs électriques à des rats nourrissons. Certains avaient leurs mères près d'eux, et d'autres non. En analysant la partie spécifique du cerveau où les émotions comme la peur ou le plaisir sont traitées,les scientifiques ont observé que, chez les rats qui souffraient, plusieurs centaines de gènes étaient plus ou moins actifs que chez les autres bébés. Mais en présence de leurs mères, moins de 100 gènes s'exprimaient de la même manière. "La présence de la mère n'est pas anodine, c’est un paramètre majeur", explique Gordon Barr, qui a participé à l'étude.

Mieux, il ne s'agirait pas seulement de réconfort ou d'un changement d'ordre moral. La présence maternelle modifierait carrément le fonctionnement du cerveau. "Notre étude montre qu'une mère qui réconforte son bébé qui souffre ne provoque pas seulement une réponse comportementale, mais le fait de le consoler modifie - pour le meilleur ou le pire - les réseaux neuronaux essentiels au développement précoce du cerveau", a précisé dans un communiqué de presse la neuro-biologiste Regina Sullivan, coordinatrice de cette étude. La spécialiste soulève ainsi une question sur laquelle des recherches pourraient être menées plus tard: quelles seront les conséquences de ces modifications cérébrales à long terme chez les petits rats?

Des pistes pour soulager la douleur

D'après elle, cette découverte pourrait néanmoins permettre de faire avancer la recherche sur les êtres humains. "Personne ne veut voir un enfant souffrir, chez les rats ou d'autres espèces", a expliqué la scientifique pour justifier son travail. "Mais si les médicaments opiacés sont trop dangereux chez les nourrissons humains en raison de leurs propriétés addictives, le défi reste pour les chercheurs de trouver des alternatives dans les stimuli environnementaux, y compris la présence maternelle, le fait de dorloter, ou d'autres pistes, comme l'odeur de la mère, qui pourraient soulager la douleur", envisage Regina Sullivan.

Aurélie Delmas