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La facture très salée des syndics de copropriété

A chaque ravalement de façade, 7% de la somme part dans la poche du syndic de copropriété.

A chaque ravalement de façade, 7% de la somme part dans la poche du syndic de copropriété. - -

Deux associations ont épluché les contrats des syndicats de copropriété et le résultat est sans appel : clauses abusives, factures faramineuses, les abus sont nombreux. Les propriétaires, eux, sont souvent pieds et poings liés.

Près d'un Français sur trois possède un logement en copropriété géré par un syndic. Le service, le plus souvent payant, fait pourtant régulièrement l'objet de dérives et les syndics sont maintenant dans la ligne de mire des associations de consommateurs. L'UFC Que Choisir et l'ARC (l'Association responsable de copropriété) ont dressé hier mardi un tableau très noir de leurs pratiques tarifaires et contractuelles. Huit contrats proposés par les 5 plus gros syndics qui représentent presque 2/3 du marché (Foncia, Nexity, Citya, Urbania et Immo de France) ont été passés en revue et le constat est sans appel : les abus persistent, voire s'amplifient. Seuls 64% des clients de ces cinq grands réseaux en sont satisfaits, contre 89% pour les clients de syndics bénévoles.
Prestations facturées de façon illicites, clauses abusives, ou encore les fameuses assemblées générales facturées en dehors des heures ouvrables, les façons de prendre de l’argent sont nombreuses. Les deux associations ont donc créé un Observatoire des syndics, pour « analyser les prix et la présentation des offres et le contenu des contrats ».

« Des milliards en jeu »

« Plus ça va, plus ils inventent des prestations particulières nouvelles, des lettres recommandées à 40 euros », remarque Bruno Dhont, directeur de l'Association responsable de copropriété. « Par exemple, vous avez fait des travaux et vous voulez contrôler les factures, et bien le syndic vous facture les factures, en général à dix fois son prix de revient. Ça n’arrête pas. Il y a des milliards en jeu comme ça et c’est décourageant, car on augmente la méfiance vis-à-vis des professionnels, le ressentiment, et on est figés. On a des copropriétés qui se dégradent parce que des syndics exagèrent en permanence ».

« 7% d’un ravalement de façade dans les poches du syndic »

Copropriétaire, depuis 5 ans, Marc et Nicole sont eux aussi à bout de nerfs. « Il a accordé un salaire complémentaire à l’employé d’immeuble. On l’a découvert il y a peu de temps, on paye chacun 50 euros par an, et nous n’avons pas à les payer sans qu’on nous demande notre accord », s’insurgent-ils. Claude Pouet, de l'association des copropriétaires, dénonce ces abus répétés. « Les syndics cherchent à facturer de plus en plus de prestations. Si vous faites un ravalement, il y a déjà 7% qui partent dans les poches du syndic ». L’une des solutions pour le moment est de former un syndic bénévole. Mais la pratique est encore peu répandue : 3% des copropriétés seulement sont gérées bénévolement.

Mathias Chaillot avec Pauline Baduel