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La Courneuve : saturé, le Secours populaire refuse du monde

Faute de repas à distribuer, le Secours Populaire de La Courneuve, en Seine St-Denis, a décidé de refuser toute nouvelle inscription de demandeur.

Faute de repas à distribuer, le Secours Populaire de La Courneuve, en Seine St-Denis, a décidé de refuser toute nouvelle inscription de demandeur. - -

Le Secours populaire de La Courneuve, en Seine St-Denis, a annoncé jeudi qu'il fermait ses inscriptions jusqu'à nouvel ordre. Saturé, il n'est pas en mesure de fournir suffisamment de repas, alors que les demandes explosent à cause de la crise.

Trop de demandeurs, pas assez de denrées. Le Secours populaire de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), qui dit arriver « à saturation », a annoncé jeudi dans un communiqué « la fermeture des inscriptions » pour « un temps indéterminé ».
« Le Secours populaire français de La Courneuve tire la sonnette d'alarme sur le nombre trop important de demandes qui ne cesse d'augmenter et la diminution constante des produits alimentaires à distribuer », explique-t-il. Le comité de La Courneuve, qui distribue chaque mois des denrées à 400 familles, « ne peut prendre de familles supplémentaires », ajoute-t-il, pointant du doigt la baisse programmée du Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD), décidée vendredi par le Conseil européen. Ce programme, dont le montant s'élèvera à 2,5 milliards d'euros pour la période 2014-2020, est en diminution d'environ 30% par rapport aux sept années précédentes.

+15% de demandeurs en 2012 en Seine St-Denis

« Le comité local est débordé. Et si la baisse des dotations (européennes) était confirmée, il est évident ça se propagera, car on est dans un département parmi les plus pauvres », a souligné Jean-François Béné, secrétaire général du Secours populaire de Seine-Saint-Denis. Selon lui, les demandes dans le département ont augmenté de 15% en 2012. « Ce sont des amis qui, dans leur coin, abandonnent devant la difficulté, mais il ne faut pas les mettre à l'index », estime pour sa part Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français. « On va prendre des mesures pour aller les aider, pour qu'ils aient de nouveaux moyens, peut-être de nouveaux locaux », a-t-il ajouté.

Philippe Gril avec AFP