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La Courneuve: en cinq jours, 33 enterrements, dont 18 liés au coronavirus

Cimetière (illustration)

Cimetière (illustration) - DAMIEN MEYER / AFP

Le département de la Seine-Saint-Denis, l'un des plus pauvres de France, est frappé, depuis le début de la crise du coronavirus, par une inquiétante surmortalité.

En cinq jours, entre le 30 mars et le 3 avril, 33 personnes ont été enterrées au cimetière intercommunal de La Courneuve (Seine-Saint-Denis). Parmi elles, 18 sont mortes des suites du coronavirus. Ce chiffre inquiétant a été dévoilé au Parisien par Corinne Cadays-Delhome, présidente du syndicat en charge de la gestion des lieux et maire adjointe à La Courneuve.

Quatre villes de la Seine-Saint-Denis sont rattachées au cimetière intercommunal. La Courneuve, donc, mais aussi Aubervilliers, Drancy et Bobigny. Soit plus de 260 000 habitants, selon le quotidien. 

Un département durement touché

La situation du cimetière de La Courneuve reflète celle vécue plus largement par la Seine-Saint-Denis. Le département, l'un des plus pauvres de France, est en effet frappé, depuis le début de la crise du coronavirus, par une inquiétante surmortalité.

Ainsi, selon les derniers chiffres publiés par les autorités, entre le 21 et le 27 mars, le nombre de morts a bondi de +63% par rapport à la semaine précédente. La hausse atteint 32% à Paris et 47% dans le département voisin du Val-Oise.

Difficultés économiques, insalubrité et promiscuité

Cette surmortalité peut d'abord s'expliquer par un manque d'informations, selon Nelly Angel, présidente de l'amicale des locataires dans un immeuble à Saint Denis. "Comment on fait? Est-ce-qu'on peut appeler le 15? Est-ce-que c'est cher? Les gens ont beaucoup de difficultés et d'interrogations", explique-t-elle sur notre antenne.

L'insalubrité et la promiscuité dans certaines habitations sont également des facteurs de propagation du virus. La Seine-Saint-Denis, premier désert médical de France, est aussi le département d'Île-de-France avec le moins de lits de réanimation rapportés au nombre d'habitants. 

Les habitants font aussi face à des difficultés éducatives et économiques. "La principale problématique c'est l'éducation des enfants. Les parents ne sont pas tous capables de le faire. Ensuite, c'est le manque d'argent. Les enfants doivent être nourris, midi et soir, alors qu'ils mangent normalement à la cantine. Cette dernière est très peu chère pour les personnes qui ont peu de revenus. Les gens sont en train de compter leurs centimes à la fin du mois", poursuit-elle. 

Clément Boutin