BFMTV

La campagne de prévention tant décriée sera affichée dans tout Paris

Les affiches, placardées aux abords d'école, ont été très décriées.

Les affiches, placardées aux abords d'école, ont été très décriées. - DAMIEN MEYER / AFP

La maire (PS) de la capitale, Anne Hidalgo, a annoncé sur Twitter sa volonté de dédier les 100 panneaux tactiles des abribus parisiens à la campagne gouvernementale controversée contre le Sida, qui met en scène des couples homosexuels s'étreindre.

Ce jeudi, Anne Hidlago a décidé de mobiliser les 100 panneaux tactiles des abribus de Paris pour relancer la campagne de prévention tant décriée, mettant en scène des couples gays s'enlacer. Ce 1er décembre n'a pas été choisi par hasard: il s'agit de la journée mondiale de lutte contre le VIH, qui touche 6.000 nouvelles personnes chaque année en France.

Lancée sous l'impulsion du ministère de la Santé, elle s'est interrompue il y a une semaine dans la capitale. Les visuels de prévention seront visibles de tous jusqu'au vendredi 9 décembre.

"Ceci est l'occasion de rappeler l'importance de la prévention dans la lutte contre le VIH, de réaffirmer les valeurs de tolérance et de vivre-ensemble de Paris, tout en faisant un pied de nez à ceux qui s'opposent à cet affichage dans d'autres villes de France", a indiqué le cabinet de l'édile à nos confrères d'Europe 1.

Une censure à effet boule de neige

Cette réaction de la maire de Paris fait écho à la polémique engendrée par les visuels, considérés comme choquants et impudiques par leurs détracteurs. L'initiative gouvernementale de prévention contre le Sida, sous forme d'affichages de rue dans 130 communes françaises, a provoqué un tollé dans certains milieux conservateurs. En cause: des slogans appelant, selon certains responsables et sympathisants de la Manif pour tous notamment, à une sexualité trop débridée contraire à de supposées bonnes moeurs.

La présence de ces affiches à proximité d'écoles de la République a poussé des individus à vandaliser les panneaux à coups de jets de peinture. Par ailleurs, une dizaine de maires ont fait retirer les affiches de leur commune, à Angers et Aulnay-sous-Bois notamment. Marisol Touraine, ministre de la Santé, a répliqué par voie de justice, indiquant sur Twitter sa volonté de poursuivre ces élus pour ces faits de censure. L'effet Streisand a fonctionné à plein régime: jamais campagne de prévention n'aura autant fait parler d'elle.

Pour la santé publique et contre l'homophobie, je saisis la justice après la censure par certains maires de la campagne de prévention du VIH
— Marisol Touraine (@MarisolTouraine) 22 novembre 2016

Mathilde Joris