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L'humour, un bon remède aux aléas du confinement

Un patient du Covid-19 conduit à l'hôpital St Thomas à Londres, le 1er avril 2020

Un patient du Covid-19 conduit à l'hôpital St Thomas à Londres, le 1er avril 2020 - DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP

Les vidéos hilarantes, mots d'esprit et traits d'humour pullulent sur les réseaux sociaux. Une façon de vivre le confinement avec un peu plus de légèreté.

L'humour en renfort pour survivre à ces longues journées cloîtrées à la maison. Alors que les Françaises et Français s'apprêtent à entamer leur quatrième semaine de confinement en raison de l'épidémie de coronavirus, Imane Adimi, psychologue clinicienne et psychothérapeute, invite à faire du rire un moyen de rebondir face à cette situation inédite. "Le rire a de multiples vertus", indique-t-elle à BFMTV.com. 

"Il apporte un peu de légèreté, permet de décompresser et de tenir bon. Ce n'est pas parce que la situation est grave qu'il ne faut pas rire, bien au contraire. Même les soignants font de petites vidéos humoristiques, c'est une soupape de décompression."

Un outil pour prendre soin de soi

Cette professionnelle témoigne de la créativité dont font preuve les confinées et confinés, notamment sur les réseaux sociaux. "D'habitude, nous sommes happés par notre quotidien. Là, si l'espace géographique est limité, notre espace psychique est infini."

À l'exemple du musée Getty de Los Angeles qui a proposé de recréer à la maison, avec les moyens du bord, des œuvres d'art. Les propositions des internautes sont tout aussi surprenantes que créatives. "Le rire est un outil pour prendre soin de soi, de ses proches et des autres", poursuit Imane Adimi.

Une prise de recul

Pour le psychanalyste Gérard Pavy, ces messages et vidéos caustiques permettent également de prendre du recul avec le réel. "Il ne faut pas se laisser assombrir par les nuages, met-il en garde pour BFMTV.com. Conservons cette disponibilité d'esprit." Comme le fait d'applaudir à 20 heures, cette balle humoristique que les internautes, voisins ou utilisateurs des réseaux sociaux se renvoient "créé du lien". "En cela, le rire est cathartique."

À l'exemple du comédien Noam Cartozo qui a lancé avec ses voisins de rue Questions pour un balcon, réplique du véritable et célèbre jeu télévisé Questions pour un champion. Le principe: deux équipes, les numéros pairs d'un côté, les impairs de l'autre. Un franc succès puisqu'en plus d'avoir réuni ses voisins et été approuvé par les présentateurs du jeu original, Questions pour un balcon a fait parler de lui à l'international. Des sponsors se sont même joints au jeu pour faire gagner de véritables cadeaux, certains reversés aux personnels soignants. Rendez-vous tous les sois à 19h55 sur son compte Instagram.

Barbichette et Bronzés

Quoi qu'il en soit, rire et sens de l'humour "sont des signes de bonne santé mentale", assure à BFMTV.com Béatrice Voirin, psychothérapeute. En guise d'exercices, elle recommande de pratiquer le classique mais efficace jeu de la barbichette pour finir par un éclat de rires ou d'opter pour des films au fou rire garanti. "Les bronzés, on peut le regarder pour la douzième fois, ça marche toujours." Mais aussi et surtout facteurs de résilience. 

"C'est le principe de la psychologie positive. Cela ne signifie pas de tout positiver, mais de reconnaître le positif là où il est, notamment dans les petites choses de la vie. Un ciel bleu, un enfant qui se met de la farine partout en faisant un gâteau. Car la vie reprendra après le confinement."

Son autre conseil: sourire. "C'est Alain Chamfort qui chante 'Souris puisque c'est grave, seules les plaisanteries doivent se faire dans le plus grand sérieux'. Il a bien raison. C'est comme au théâtre, si l'on joue la joie, on finit par la ressentir."

L'autodérision

La psychanalyste Luce Janin-Devillars différencie quant à elle l'humour du gag. "Le sens de l'humour, ce n'est pas la grosse déconne ou les blagues lourdes, c'est le sens de la distanciation, nuance-t-elle pour BFMTV.com. C'est la possibilité de mettre en perspective ce qui est en train de se passer." Et c'est aussi, estime cette psychologue, l'autodérision.

"Il y a plein de moments où l'on peut rire de soi et rire avec les autres sans toutefois rire des autres ni se moquer, pour rire de la situation sans tomber dans la lourdeur. Il faut aussi relativiser. Emmanuel Macron a parlé de guerre, on n'en est pas non plus à avoir des soldats pointant leur arme à chaque carrefour. Évidemment, c'est plus difficile quand on a un proche malade ou hospitalisé."

Mais bien plus que les blagues, l'humour ou les traits d'esprit, c'est le fait même de rire qu'il faut consommer sans modération, insiste pour BFMTV.com Françoise Rousse, professeure de yoga du rire. "Le rire est bien plus puissant. Il éloigne les peurs, c'est un outil de bien-être mais aussi de guérison."

Céline Hussonnois-Alaya