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"Jungle" de Calais: près d'un quart de la surface évacuée en une semaine

Des policiers démantèlent des abris de fortune dans la partie sud de la "Jungle" de Calais, le 3 mars 2016.

Des policiers démantèlent des abris de fortune dans la partie sud de la "Jungle" de Calais, le 3 mars 2016. - Philippe Huguen - AFP

Les pelleteuses s'activaient encore, ce vendredi et pour la cinquième journée consécutive, pour défricher d'énormes parcelles de la partie sud du camp. Au total, "environ deux hectares" sur 7,5 auraient déjà été évacués.

L'évacuation de la zone sud de la "Jungle" de Calais achevait vendredi sa première semaine avant la pause du week-end, avec, pour la troisième fois en quelques jours, un groupe d'Iraniens apparu en public la bouche cousue pour protester contre le sort des migrants. 

Au total, l'action des douze migrants iraniens qui ont brièvement défilé vendredi la bouche cousue pour protester contre le démantèlement de la partie sud du bidonville a duré un quart d'heure. Certains ont défilé avec des pancartes sur lesquelles était écrit en français: "Allez-vous nous entendre maintenant?". Les jours précédents, certains de leurs compatriotes avaient déjà manifesté de la même manière. Ils étaient 5 mercredi et 9 jeudi.

Près de "deux hectares" déjà évacués

Pendant ce temps, l'opération d'évacuation se poursuivait pour la cinquième journée consécutive. Le chiffrage exact est délicat compte-tenu de la nature du terrain et de la progression non linéaire des travaux, mais, selon le sous-préfet du Pas-de-Calais, Vincent Berton, un peu moins d'un quart de la surface concernée était évacuée vendredi matin, soit "environ deux hectares" sur 7,5 ha. L'ensemble du camp atteint 18 hectares.

La préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, avait estimé que ces opérations pouvaient durer "un mois, peut-être plus".

"L'idée n'est pas de précipiter les choses. On prendra le temps qu'il faut. Il y a des zones plus faciles que d'autres, certaines plus denses... Il faut agir de manière très pragmatique et très humaine, toujours dans le respect des personnes et en leur laissant le temps nécessaire", a réaffirmé vendredi Vincent Berton.

Poursuite des opérations dans le calme

Les autorités gardent le même dispositif: retrait des abris de fortune et maraudes sociales tentant de convaincre les migrants de rejoindre le centre d'accueil provisoire (conteneurs chauffés), les tentes de la sécurité civile, ou l'un des 102 centres d'accueil et d'orientation (CAO) disséminés en France, solution adoptée par une centaine de migrants cette semaine.

Le tout sous haute protection policière: "Closed! Kaputt! Destruction!", disaient ainsi des policiers à des migrants qui tentaient de passer le cordon policier pour rejoindre des baraquements de fortune devant être détruits vendredi, alors que trois pelleteuses s'activaient dans la boue, mais sous le soleil, à défricher d'énormes parcelles.

L'épisode des Iraniens mis à part, ces opérations se déroulaient dans le calme, avant la pause du week-end, loin des heurts de lundi entre CRS et migrants.

"Les réfugiés sont fatigués. On voit qu'ils ne sont pas dans la violence puisqu'ils ne se battent pas contre la police", a affirmé Maya Konforti, de l'Auberge des migrants. "J'alterne entre la rage et le désespoir, c'est la machine de guerre qui avance pas à pas."

V.R. avec AFP