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Jugé pour avoir refusé de traiter ses vignes : "Ne pas traiter tout et n'importe quoi"

IL refuse de traiter ses vignes, il risque 6 mois de prison.

IL refuse de traiter ses vignes, il risque 6 mois de prison. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Un vigneron bio de Beaune (Côte-d'Or) est jugé ce lundi devant le tribunal de Dijon pour avoir refusé de traiter ses 10 hectares de vignes comme l'ordonnait un arrêté préfectoral. Il risque la prison mais ne regrette rien.

Il risque six mois de prison et 30.000 euros d'amende... pour avoir refusé de déverser des pesticides dans ses vignes. Emmanuel Giboulot, un vigneron de Beaune en Côte d'Or est jugé ce lundi pour avoir refusé de traiter ses vignes avec des pesticides. Le traitement des vignes est en effet une mesure obligatoire depuis la découverte en juin 2013 de foyers de flavescence dorée, une grave maladie touchant les vignes. Le préfet a donc imposé à tous les vignobles du département de traiter leurs vignes contre la cicadelle, l'insecte qui répand cette maladie. Sauf qu'Emmanuel Giboulot, lui, a refusé. "On ne peut pas se permettre de traiter tout et n'importe quoi au prétexte que peut-être on aura un jour la maladie", explique-t-il en s'interrogeant : "Quelle est la répercussion des traitements sur l'environnement, sur la santé en général, la santé des vignerons, des gens qui habitent près des vignes et celle des consommateurs ? "

"Il a pris le risque de ne pas traiter, il s'est fait prendre"

Pourtant Emmanuel Giboulot n'est pas soutenu par toute la profession. Certains viticulteurs seront présents au tribunal pour lui apporter un appui mais d'autres se désolidarisent totalement du combat de Emmanuel Giboulot. "Il a pris le risque de ne pas traiter, il s'est fait prendre. Point à la ligne, juge Henri Vaucard est viticulteur et président de l'organisme de défense de l'appellation de Beaune. Il fallait qu'on traite. En Saône et Loire, il y a eu contagion assez rapide du phénomène qui s'est traduit par l'arrachage de 12 à 15h de vigne".

La rédaction avec C. Checcaglini