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Journée de grève chez les profs de Seine-Saint-Denis

Des enfants jouent dans la cour de l'école Jean-Rostand, à Bondy, en Seine-Saint-Denis.

Des enfants jouent dans la cour de l'école Jean-Rostand, à Bondy, en Seine-Saint-Denis. - Stéphane de Sakutin - AFP

Les syndicats Snuipp et FSU appellent à la grève jeudi dans les écoles, collèges et lycées de Seine-Saint-Denis. Ils dénoncent le manque d'enseignants et les conditions de travail. 

Les annonces de Najat Vallaud-Belkacem mercredi n'ont pas suffi à rassurer les syndicats d'enseignants. Deux d'entre eux, le Snuipp et le FSU, appellent à la grève jeudi dans les établissements de Seine-Saint-Denis. Vers 10 heures, le taux de grévistes a atteint les 50% dans le primaire, et des dizaines d'établissements scolaires étaient fermés dans le département. A Saint-Denis, l'une des villes où se concentrent les difficultés, 40 écoles sur 63 sont fermées, selon la mairie.

Fermetures de classes, manque de profs et de personnel administratif… Les griefs sont nombreux. "L'ensemble des postes proposés aux concours de recrutement pour les postes d'enseignants n'ont pas été pourvus, et l'on assiste au recours systématique aux contractuels sans formation initiale", dénonce le Snuipp dans un communiqué. L'académie de Créteil a même dû organiser avec Pôle Emploi une opération de "phoning" pour recruter des enseignants.

Des annonces "insuffisantes"

En déplacement à Bondy mercredi, Najat Vallaud-Belkacem a dévoilé neuf mesures pour les écoles du département, dont la création de 500 postes supplémentaires, ainsi qu'une "vraie politique de ressources humaines" et un concours spécifique pour permettre à davantage de candidats de rejoindre la Seine-Saint-Denis.

Des mesures saluées par les syndicats, mais jugées "insuffisantes". Le Snuipp-FSU 93 déplore l'absence de "mesures salariales", et le Snes-FSU, syndicat du secondaire, relève des annonces "peu claires et insuffisantes". Les enseignants du 93 ont prévu de manifester à partir de 14 heures à Paris.

Le mois dernier déjà, les parents d'élèves s'étaient mobilisés pour crier leur ras-le-bol devant l'inspection académique, à l'appel de la FCPE 93, et réclamer à l'Education nationale un "plan d'urgence".

A Paris, on craint la fin des ZEP

A Paris aussi, les syndicats appellent à la grève dans les écoles. Ils craignent la sortie de ZEP de plusieurs établissements à la rentrée. Le ministère de l'Education nationale doit dévoiler en décembre la nouvelle carte de l'éducation prioritaire, qui entrera en vigueur à la rentrée 2015 avec 350 "réseaux d'éducation prioritaire renforcés" (REP+, des ZEP améliorées avec plus de moyens) et des REP.

Comme l'éducation prioritaire comptera toujours un millier de réseaux (collèges et écoles de leur secteur), cela implique que certains établissements entreront en ZEP et d'autres en sortiront, un choix effectué par chaque académie suivant un indicateur social. De quoi faire redouter aux enseignants et parents des classes plus chargées et la perte de dispositifs de soutien des élèves. Plus de dix écoles, dans les 10e, 13e et 18e, ont été occupées mercredi. Le Snuipp-FSU 75 appelle à un rassemblement devant le rectorat jeudi: il devrait y avoir grève dans des écoles d'au moins huit arrondissements.

A. K.