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Jean-Luc Germani, le "parrain" corse, interpellé en région parisienne

Jean-Luc Germani, 49 ans, était l'homme le plus recherché de France.

Jean-Luc Germani, 49 ans, était l'homme le plus recherché de France. - BFMTV

Le membre du grand banditisme le plus recherché en France a été interpellé jeudi après-midi après trois ans de cavale. Jean-Luc Germani avait été condamné en appel en octobre dernier à six ans de prison pour extorsion de fonds.

Il était l'homme le plus recherché de France. Jean-Luc Germani, figure du grand banditisme en cavale, a été interpellé jeudi après-midi par la police judiciaire parisienne dans les Hauts-de-Seine, près de Paris.

Présenté comme l'un des "parrains" corses, Jean-Luc Germani, 49 ans, est le beau-frère de Richard Casanova, l'un des piliers du gang bastiais de la Brise de mer. Casanova est considéré comme le cerveau présumé du casse de l'UBS à Genève où 125 millions de francs ont été dérobés... sans jamais être retrouvés.

Cheveux longs et casquette

Jeudi, c'est un concours de circonstances qui a permis l'interpellation du gangster à Puteaux, dans les Hauts-de-Seine. Les policiers de la Brigade nationale de lutte contre la criminalité corse, assisté de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI), avait pour objectif l'interpellation de l'homme qui accompagnait Germani.

C'est alors que les forces de l'ordre reconnaissent dans le véhicule où se trouvent les deux individus l'homme le plus recherché de France. "Un enquêteur l'a reconnu, malgré ses cheveux longs, la casquette et les lunettes qu'il portait. Le fugitif a alors tout de suite confirmé son identité", a expliqué une source proche de l'enquête. 

Un "dangereux individu"

"Il n'a pas opposé une énorme résistance. Ca s'est fait dans de très bonnes conditions et les collègues ont travaillé avec efficacité et discernement", confirme Christophe Molmy, commissaire divisionnaire à la BRI.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a quant lui salué dans la soirée "la détermination, la persévérance, et la parfaite coordination des services de police qui ont permis de porter ce coup décisif au grand banditisme", en arrêtant "ce dangereux individu".

Recherché pour assassinat

Le nom de Germani apparaît dans de nombreuses affaires en banditisme. Sa dernière peine en date, la plus lourde, remonte au 16 octobre dernier, où il a été condamné en appel à six ans de prison et 100.000 euros d'amende pour "extorsion de fonds" dans le procès des acteurs du coup de force qui avait débarqué en 2011 l'équipe dirigeante du cercle Wagram, contrôlé par une autre figure du milieu corse, Jean-Angelo Guazzelli.

Le cercle faisait en effet l'objet d'une enquête séparée qui avait abouti à une descente de police et à la fermeture administrative, en juin 2011. Mais Jean-Luc Germani avait alors échappé à deux coups de filet successifs et était depuis en cavale.

Jean-Luc Germani est également recherché pour l'assassinat, en 2008, de Jean-Claude Colonna, cousin de l'ancien "parrain" du sud de l'île Jean-Jé Colonna, mort en 2006, et pour avoir menacé avec une arme à feu des gendarmes qui contrôlaient son camping-car en 2011. Jean-Luc Germani a déjà été condamné à quatre reprises, notamment à quatre ans d'emprisonnement en juin 2005 pour détention d'armes et association de malfaiteurs.

D. N. avec AFP