BFMTV

Il y a 50 ans, les femmes obtenaient le droit de travailler sans l'autorisation de leur mari

Photo reçue le 18 décembre 1974 d'une salle de rédaction de l'Agence France Presse (AFP) à Paris.

Photo reçue le 18 décembre 1974 d'une salle de rédaction de l'Agence France Presse (AFP) à Paris. - AFP

La loi du 13 juillet 1965 a autorisé les femmes mariées à travailler sans l'autorisation de leur époux et à ouvrir un compte en banque en leur nom propre. Retour sur une révolution rendue possible grâce à un vote presque "en catimini".

Cela paraît difficile à concevoir en 2015 mais il y a 50 ans et un jour, les femmes françaises n'étaient pas autorisées à ouvrir un compte bancaire ou à signer un contrat de travail sans l'autorisation de leur mari.

Comme le rappelle Le Parisien en ce 13 juillet 2015, c'est il y a un demi-siècle jour pour jour que les députés "majoritairement gaullistes" votaient presque "en catimini" l'indépendance économique des épouses. Depuis ce jour, et grâce à une loi qui n'a pas fait grand bruit, les Françaises peuvent gérer leurs biens propres et exercer une activité professionnelle sans le consentement de leur mari. 

"Les femmes gagnent toujours 27% de moins que les hommes"

Jusque là, si les femmes célibataires bénéficiaient d'une certaine autonomie, les femmes mariées ne pouvaient ni signer un chèque, ni ouvrir un compte en banque. Cependant, comme le rappelle Michelle Perrot, historienne du droit des femmes interrogée par le quotidien, "les moeurs étaient, comme souvent, en avance sur la loi" et "environ 40% des françaises travaillaient" lorsque la loi a été adoptée.

Mais, trois ans avant mai 1968, cette loi ne sera qu'une étape vers l'égalité des sexes. Ce n'est que deux ans plus tard que la contraception sera autorisée par les parlementaires, sept ans plus tard que la loi posera le principe d'égalité des rémunérations entre hommes et femmes et il faudra attendre 1975 pour que la loi Veil autorise l'avortement et que le divorce par consentement mutuel soit légal.

Cette "indépendance économique, conquise de haute lutte, n'est toujours pas synonyme d'égalité", a rappelé lundi l'association Osez le Féminisme dans un communiqué. "Aujourd'hui, en France, les femmes gagnent toujours 27% de moins que les hommes", a-t-elle souligné.

"Dans les couples, ce sont les femmes qui continuent de sacrifier leurs carrières professionnelles pour s'occuper des enfants ou effectuer des tâches domestiques".

Par ailleurs, comme le précise Le Parisien, il reste encore une quinzaine de pays dans le monde où les femmes n'ont pas le droit de travailler sans le consentement de leur époux.

A. D.