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Il se bat pour faire retirer la photo de son père décédé des paquets de cigarette neutres

La Commission européenne a fourni aux cigarettiers les images a apposé sur les paquets de cigarette.

La Commission européenne a fourni aux cigarettiers les images a apposé sur les paquets de cigarette. - AFP

Depuis six mois, Serge Nizet tente de faire retirer des paquets de cigarette la photo de son père décédé utilisée pour sensibiliser au danger du tabac. Un cliché pris, selon lui, sans l'autorisation de la famille du défunt.

Des fumeurs, cette photo est très connue. On y voit un homme les yeux clos alité et équipé d'un tube respiratoire. Cette image, comme d'autres, est utilisée sur les paquets de cigarettes en Europe pour sensibiliser les fumeurs aux risques du tabagisme. Des millions de personne l'ont déjà vu sauf... la famille de l'homme qui figure que le cliché jusqu'à il y a peu. Serge Nizet, son fils, mène depuis un combat contre les autorités pour que l'image de son père ne soit plus utilisée.

Il y a six mois, cet habitant de Liège, en Belgique, tombe sur la photo de son père, Joseph, sur un paquet de cigarettes. "C’est ma mère, elle-même gravement malade, qui m’a prévenu le jour où elle a aperçu la photo. Elle était en pleurs", explique Serge Nizet à LCI. L'homme l'assure: personne dans sa famille n'a pris ce cliché mais surtout personne n'a donné son autorisation pour qu'elle soit utilisée sur les paquets de cigarettes.

Bibliothèque de 42 images

Joseph Nigel est décédé il y a six ans. Victime d'un accident vasculo-cérébral (AVC), il avait été pris en charge par des équipes médicales. "Il a été intubé et placé dans le coma pendant plusieurs semaines, raconte son fils au journal belge Sudpresse. Je ne vois donc pas comment il aurait pu donner son accord pour qu’on le prenne en photo…" Sous le choc, comme Serge Nizet le répète, il va s'engager dans un combat qui, pour le moment, reste sans fin.

Dans un premier temps, la famille du défunt contacte les cigarettiers. Sauf que les images sont fournies directement par la Commission européenne qui les impose depuis 2014. Dans une note, l'institution explique que "la bibliothèque contient 42 images, réparties en trois séries préétablies". Toujours selon ce document, la Commission explique avoir fait appel à "des contractants externes" pour lui fournir ces photos pour un budget global de 600.000 euros.

Des excuses

"La Commission connaît l’identité de toutes les personnes apparaissant sur les photos, mais, dans un souci de protection de leurs droits, elle ne peut en dire plus", précise encore la note, assurant que Bruxelles avait demandé l'accord aux personnes apparaissant sur les clichés et avait consulté des juristes "pour s’assurer que les déclarations de consentement lui donnaient l’intégralité des droits d’auteur". Pour se prémunir la note précise que toute ressemblance avec d'autres personnes seraient pure "coïncidence".

Mais Serge Nigel est certain à 100% qu'il s'agit de son père. Il a tenté en vain de contacter la Commission européenne pour obtenir le retrait de la photo de son père. "On m’a trimbalé dans des labyrinthes téléphoniques", se désole-t-il auprès de la RTBF. Aujourd'hui, face à la complexité administrative, il a fait appel à un avocat." "Si vous saviez, comment les gens de la Commission nous balayent d’un simple revers de la main", confie-t-il à LCI. Et pourtant la famille Nigel ne réclame pas de dédommagement juste des excuses.

J.C.