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"Il était hors de question que j’aille en Chine": une hôtesse d'Air France raconte sa peur du coronavirus 

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Ce jeudi, Air France a annoncé la suspension de ses vols vers la Chine jusqu'au 9 février. Une décision saluée par les hôtesses et stewards de la compagnie aérienne, qui étaient nombreux à refuser d'assurer ces vols, de peur d'être contaminés par le coronavirus.

"Dans les avions, c’était la psychose." Pour soulager l’inquiétude grandissante de ses salariés concernant le coronavirus, Air France a annoncé ce jeudi la suspension de tous ses vols à destination de la Chine jusqu'au 9 février. Une mesure très attendue par les personnels navigants, nombreux à déserter les vols vers ce pays ces dernières semaines.

L’avion qui devait rejoindre Pékin mercredi soir a d’ailleurs dû être annulé en raison du manque d’effectifs, confie à BFMTV.com Flore Arrighi, présidente du syndicat UNAC (Union des Navigants Aviation Civile): "Les hôtesses et stewards sont en première ligne, ils ont peur d’être contaminés et de transmettre le virus à leurs proches."

"Mesures exceptionnelles"

"Il était hors de question que j’accepte de faire un vol sur la Chine", témoigne une hôtesse d’Air France contactée par BFMTV.com.

Cette salariée de la compagnie aérienne depuis 21 ans devait assurer la liaison avec Shanghai ce vendredi, décollage prévu à 13h30. "Heureusement, mon vol a été annulé, et si ça n’avait pas été le cas, j’aurais fait valoir mon droit de retrait", nous assure cette mère de deux enfants. "Je ne peux pas prendre ce risque", se prémunit-elle, alors que 170 personnes sont mortes sur un total de près de 7700 cas détectés en Chine

Ce n’est pas la première fois que les navigants sont confrontés à des situations sanitaires alarmantes. Entre 2014 et 2016, l’épidémie d’Ebola en Afrique avait semé la panique et les vols à destination de Conakry, en Guinée, notamment, peinaient à partir avec des équipages au complet. Mais avec le coronavirus, la situation est encore différente, nous raconte cette hôtesse affiliée au secteur Asie. "C’est la première fois qu’un aéroport est fermé (celui de Wuhan est bouclé depuis le 23 janvier, ndlr) et qu’on suspend nos lignes à cause d’un virus. C’est une mesure exceptionnelle qui en dit long sur la gravité de la situation", estime-t-elle.

"La situation crée l’affolement"

Et d’ajouter: "J’angoissais à l’idée de me retrouver dans un avion, un espace clos favorable à la propagation des microbes. Des collègues m’ont raconté qu’ils étaient rentrés de Chine avec des passagers qui toussaient ou qui étaient fiévreux. Certes, ce n’était probablement pas le coronavirus, mais la situation crée l’affolement. Même mes collègues qui n’allaient pas en Chine étaient stressés car, dans les avions, avec les escales, on ne sait pas d’où viennent les passagers."

La suspension des vols vers la Chine continentale est effective jusqu'au 9 février et pourra ensuite être prolongée "si la situation continue à se dégrader", nous glisse Olivier Lavielle, porte-parole du syndicat des navigants du groupe Air France (SNGAF). La compagnie aérienne a précisé que les deux derniers vols à destination de Pékin et Shanghai partiraient ce vendredi soir, avec des équipages volontaires, "afin d'assurer le vol retour de ses clients et de ses salariés".

Ambre Lepoivre