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Rythmes scolaires: une grève des instituteurs peu suivie

Certaines classes ont été touchées par la grève des instituteurs jeudi (illustration).

Certaines classes ont été touchées par la grève des instituteurs jeudi (illustration). - -

Plusieurs syndicats ont appelé à arrêter le travail jeudi pour réclamer l'assouplissement voire l'abandon du décret sur les rythmes scolaires dans le primaire. Une grève moins suivie qu'à la mi-novembre.

Classes vides, défilés: instituteurs et agents municipaux ont poursuivi jeudi la fronde contre le retour à la semaine de 4,5 jours, tandis que les députés ont rejeté une proposition de loi de l'UMP donnant le "libre choix" aux maires d'organiser les rythmes scolaires.

La participation était en baisse: moins de deux instituteurs sur 10 ont arrêté le travail selon le ministère, plus du double selon leur premier syndicat. A la mi-journée, la participation est de 18,89% au niveau national et de 15,64% à Paris selon le ministère de l'Education, moins qu'à la mi-novembre (23% au niveau national, 41% à Paris).

Au niveau national, le SNUipp-FSU qui n'avait pas encore donné ses chiffres jeudi à 18 heures, avait estimé précédemment que près de 42% des instituteurs - sur la base de 77 départements - ne feraient pas classe. A Paris, 195 écoles sur 663 étaient partiellement en grève, 31 entièrement selon la mairie. Le SNUipp-FSU 75 tablait sur "plus de 30% de grévistes et au moins 40 écoles fermées".

"La colère a laissé place à la souffrance et l'exaspération"

Quelque 1.800 manifestants ont défilé à Paris selon la police. Parmi eux, deux élus UMP de Draveil (Essonne), où la réforme ne s'applique pas encore: "On aurait voulu plus de concertation, plus de temps et de moyens". La participation est "plus basse que lors des précédentes grèves, c'est la 6ème" à Paris, a reconnu Jérôme Lambert du SNUipp-FSU 75. "La colère a laissé place à la souffrance et l'exaspération".

"Rythmes scolaires: une dose le lundi, une dose le mardi, une dose le jeudi, une dose le vendredi ; attention ne pas dépasser la prescription", indiquait une pancarte à Marseille, où 1.000 à 1.500 personnes ont battu le pavé. A Bordeaux, ils étaient 1.500, moins qu'il y a trois semaines.

Entre 100 et 200 personnes se sont rassemblées à Strasbourg, Vésoul, Reims, Lille et 400 à Nice selon la police, contre 1.300 à 1.400 lors de la précédente manifestation. La Haute-Garonne, où la moitié des élèves étaient déjà aux 4,5 jours avant la réforme, comptait 30 à 35% de grévistes, selon Patrice Soulié du SNUipp-FSU.

Peillon insiste sur "l'intérêt de l'enfant"

De leur côte, les députés ont rejeté jeudi une proposition de loi UMP qui visait à laisser les maires choisir le temps scolaire et obtenir une compensation du coût de la réforme.

L'UMP, soutenue par l'UDI, a livré un réquisitoire contre une réforme "impopulaire", "inapplicable", "tournant au fiasco". Le ministre de l'Education et la gauche ont fait bloc contre un texte au service "d'intérêts préélectoraux".

La réforme, destinée à mieux répartir les cours pour lutter contre l'échec scolaire, a été mise en oeuvre il y a trois mois dans 17% des communes, les autres attendant la rentrée 2014.

A. G. avec AFP