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Gironde : une cantine met fin aux menus sans porc

La cantine d'Arveyres en Gironde ne servira plus de repas de substitution aux enfants de confession juive ou musulmanes.

La cantine d'Arveyres en Gironde ne servira plus de repas de substitution aux enfants de confession juive ou musulmanes. - -

Dans la petite commune d'Arveyres, en Gironde, la cantine scolaire ne propose plus de plat de substitution pour les enfants qui ne mangent pas de porc. Depuis le 1er mars, c'est menu unique pour tous les enfants des écoles primaires et maternelles du bourg.

Il n’y aura plus de repas de substitution pour les enfants de confession juive ou musulmane à la cantine de la commune d'Arveyres, en Gironde. Le maire, Benoît Gheysens, justifie sa décision en invoquant « une mesure pour lutter contre le gaspillage et éviter un surcoût pour la commune ». Les parents, eux, ont été prévenus par courrier au mois de janvier, sans avoir été consultés au préalable.

« Des repas aussi riches en protéines »

Benoît Gheysens promet que les enfants qui ne mangent pas de porc auront suffisamment à manger et que leurs repas seront aussi riches en protéines que ceux des autres. Sans viande de remplacement mais avec double dose de légumes, un peu plus de dessert et parfois de l'œuf ou du thon pour compenser l'absence de viande. Un grand changement car depuis 16 ans des repas de substitution étaient proposés aux enfants qui ne mangent pas de porc.

« Certains parents ont été un peu agressifs »

« Jusqu’à présent, on ne ressentait pas particulièrement de racisme dans la commune, explique sur RMC Carine Louloum, représentante des parents d'élèves à l'école maternelle d'Arveyres. Là, on a des familles juives et musulmanes qui sont concernées. Certains parents ont été un peu agressifs expliquant que ces enfants devaient manger comme tout le monde, qu’eux, leurs enfants ne mangeaient pas de choux et qu’ils n’avaient pas de menu de substitution. Mon point de vue c’est que l’école laïque est l’école de tous. Il faut que tout cela rentre dans l’ordre ».

« On ne rentre même pas dans le débat du hallal ou du casher »

Pour certains parents dont les enfants sont concernés, cette décision est révoltante. « Personnellement j’étais sous le choc, raconte ainsi Laëtitia Rekaïka, maman d'une fille en CE2 et d'un garçon en maternelle. Je ne m’y attendais pas du tout. Ça fait 16 ans que la commune propose des repas de substitution. Il est hors de question de laisser passer ça. Nos enfants sont français. On demande uniquement une denrée de substitution quand il y a du porc servi à la cantine. On ne rentre même pas dans le débat du hallal ou du casher et on est prêt à payer plus cher s’il le faut ».

« On n’a pas le personnel pour cuisiner 20 repas à part »

De son côté le maire de la commune n’entend pas revenir sur sa décision. Ces repas de substitution coûtent chers à la commune qui n’a de toute façon pas assez de personnel pour cuisiner ces repas. « Il faut cuisiner à part 20 repas sur 180, explique Benoît Gheysens. On n’a pas le personnel pour et c’est compliqué. J’ai proposé de mettre un peu plus de pâtes et de légumes pour compenser la charge en protéine nécessaire aux repas complets de ces enfants. Je suis médecin et je me suis engagé à ce que ces repas soient complets avec d’autres protéines que la viande pour ceux qui le souhaitent ».
Malgré les protestations, a loi ne prévoit pas de mesures pour imposer un dispositif particulier à une commune. Mais le sous-préfet de Libourne, Patrick Martinez, rappelle le maire à ses devoirs. Il lui demande de trouver une solution avant le 18 mars, date de la prochaine commission cantine de la commune et aussi de la rentrée des élèves des vacances d'hiver.

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Tugdual de Dieuleveult avec J. Droz